Maurice Denis, Saintes Femmes au tombeau (Matinée de Pâques), 1894. Huile sur toile. Musée départemental Maurice Denis, Saint-Germain-en-Laye.

Maurice Denis : peintre chrétien

Maurice Denis, Saintes Femmes au tombeau (Matinée de Pâques), 1894. Huile sur toile. Musée départemental Maurice Denis, Saint-Germain-en-Laye.
Maurice Denis, Saintes Femmes au tombeau (Matinée de Pâques), 1894. Huile sur toile. Musée départemental Maurice Denis, Saint-Germain-en-Laye.

Maurice Denis, à l’âge de 15 ans, écrit dans son journal : « Oui, il faut que je sois peintre chrétien, que je célèbre tous les miracles du Christianisme, je sens qu’il le faut ». C’est donc sans surprise qu’on le retrouve, quelques années plus tard, dans le groupe des Nabis. En effet, le terme nabi signifie « prophète », « inspiré de Dieu » ou encore « celui qui est ravi dans une extase » en hébreu et arabe. Ce mouvement postimpressionniste, dont les membres se réunissent autour de Paul Sérusier, se caractérise par la planéité des figures, les contours noirs, l’intensité du coloris et les formes synthétiques. Deux courants se distinguent chez les Nabis, l’un s’attache à l’art sacré l’autre non.

Paul Gauguin, Le Christ jaune, 1889. Huile sur toile, 92,1 x 73,3 cm. Albright-Knox Art Gallery, New York. Maurice Denis, Christ vert, 1890. Huile sur carton, 21 x 15 cm. Collection privée.
Paul Gauguin, Le Christ jaune, 1889. Huile sur toile, 92,1 x 73,3 cm. Albright-Knox Art Gallery, New York.
Maurice Denis, Christ vert, 1890. Huile sur carton, 21 x 15 cm. Collection privée.

La tendance mystique est conduite par Maurice Denis dont l’objectif est de renouveler l’art religieux. Il s’inspire des œuvres de Gauguin et de sa manière qu’il a de simplifier les formes mais Denis va encore plus loin que le maître. Ceci est flagrant dans Le Christ vert, dans ce tableau tous les traits de contours sont supprimés.  On reconnaît alors ici que l’œuvre est celle de l’auteur de la célèbre sentence : « Se rappeler qu’un tableau – avant d’être un cheval de bataille, une femme nue, ou une quelconque anecdote – est essentiellement une surface plane recouverte de couleurs en un certain ordre assemblées ». Les changements qu’opère Denis ici sont formels, mais il ne s’arrête pas là dans le renouveau de l’art sacré.

Maurice Denis, Perros-Guirec, Jésus chez Marthe et Marie, 1917. Huile sur toile. Collection privée.
Maurice Denis, Perros-Guirec, Jésus chez Marthe et Marie, 1917. Huile sur toile. Collection privée.

En effet, Maurice Denis intègre dans ses scènes mystiques dans des paysages familiers. Dans Saintes Femmes au tombeau (Matinée de Pâques), on aperçoit en arrière plan la colline de Saint-Germain-en-Laye, ville dans laquelle vit l’artiste. Dans Perros-Guirec, Jésus chez Marthe et Marie, ce n’est pas seulement un décor familial qu’il intègre à la scène biblique mais sa femme, Marthe. Aussi, les personnages portent des vêtements caractéristiques du début du XXe siècle ce qui accentue l’intemporalité de la scène. Alors, une spiritualité d’un nouvel ordre émane des œuvres de Maurice Denis. Celle-ci est accentuée par l’emploie des couleurs qui donne toujours aux scènes une luminosité particulière : une lumière divine. La chapelle contiguë à l’ancienne demeure de Maurice Denis – qui abrite aujourd’hui le musée départemental Maurice Denis à Saint-Germain en Laye – est une merveilleuse synthèse de l’art chrétien du peintre qu’il faut visiter à tout prix !

Pour découvrir l’œuvre de Maurice Denis, procurez-vous au plus vite l’ouvrage des éditions Parkstone International !

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