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L’ENFANCE DE LÉONARD DE VINCI ET SES PREMIÈRES OEUVRES

Savant et créateur incomparable, Leonardo était le seul artiste de l'histoire de l'humanité à avoir plongé dans la plus radieuse beauté et à unir la science d'Aristote à l'art de Phidias.

Le texte ci-dessous est l’extrait du livre Léonard De Vinci L’Artiste, le Penseur, le Savant: écrit par Eugène Müntz, publié par Parkstone International.

Léonard de Vinci est le représentant le plus complet de l’esprit nouveau, la plus haute personnification de l’alliance de l’art avec la science : penseur, poète, charmeur sans rival. En parcourant son oeuvre d’une incomparable variété, on retrouve jusque dans ses caprices, pour employer, en la modifiant légèrement, l’heureuse expression d’Edgar Quinet, « les lois de la Renaissance ita lienne et la géométrie de la beauté universelle ».

Leonardo-da-Vinci-Autoportrait
Autoportrait, vers 1512. Dessin, 33,3 x 21,3 cm. Biblioteca Reale, Turin.

Si, en dehors d’un trop petit nombre de composi tions menées à fin, la Vierge aux rochers, La Cène, la Sainte Anne, La Joconde, l’oeuvre peint ou sculpté du maître offre surtout des frag ments merveilleux, son oeuvre dessiné nous initie à toute la tendresse de son coeur, à toute la richesse de son imagination. C’est sur lui qu’il convient d’abord d’insister.

Deux périodes de la vie humaine ont particulièrement fixé l’attention de Léonard : l’adolescence et la vieillesse ; l’enfance et l’âge mûr l’ont moins fortement préoccupé. Il nous a laissé une longue série de types d’adolescents, tour à tour rêveurs ou enthousiastes.

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Vierge aux rochers, 1483-1486. Huile sur toile, 199 x 122 cm.
Musée du Louvre, Paris.
Leonardo-da-Vinci-The-Last-Supper
La Cène, 1495-1498. Huile et tempera sur pierre, 460 x 880 cm.
Santa Maria delle Grazie, Milan.

Je ne sache pas, dans l’art moderne, de figures plus véritablement libres, fières, venues d’un jet, et, disons le mot, plus divines, à opposer aux merveilles de l’art antique. Ailées, diaphanes, et cependant si vraies, elles évoquent, grâce au génie de Léonard, des régions plus parfaites, où elles ont pour mission de nous emporter avec elles. Prenons, au musée du Louvre, les deux têtes qui se font pendant : elles illustrent, l’une la beauté antique, l’autre la beauté propre aux hommes de la Renaissance. La première représente un adolescent, le profil net et pur comme un camée grec, le cou nu, les longs cheveux artistiquement bouclés, ceints d’une couronne de laurier. La seconde nous offre la même physionomie, mais arrangée à l’italienne, avec plus de vie et de fougue : sur la tête, une petite toque, coquettement posée ; sur les épaules, l’indication d’un pourpoint, boutonné jusqu’au menton ; les cheveux retombent naturellement et sans artifice. Qui ne voit dans ces deux têtes le contraste entre l’art classique, l’art essentiellement idéal et amoureux de la forme, et l’art moderne, plus primesautier, plus libre et plus vivant !

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Lisa Gherardini, épouse de Francesco del Giocondo, dite Monna Lisa ou la Joconde, vers 1503-1506. Huile sur bois, 77 x 53 cm.
Musée du Louvre, Paris.

S’attaque-t-il à l’âge mûr, Léonard s’efforce d’y mettre la vigueur, l’énergie, une volonté implacable ; son idéal, c’est l’homme ressemblant à un chêne. Tel est le personnage vu de profil, avec sa figure si soli dement charpentée (Bibliothèque de Windsor ; à rapprocher d’un autre dessin, où le personnage est plus jeune).

La vieillesse à son tour défile devant nous sous ses faces les plus diverses, majestueuse ou décrépite ; certains visages n’ont plus conservé que leur ossature ; dans d’autres nous assistons à la déformation des traits : le nez qui se recourbe, le menton qui se rapproche de la bouche, les muscles qui débordent, la calvitie. C’est d’abord le portrait même du maître : cette tête puissante, aux yeux pénétrants, aux paupières plissées, à la bouche railleuse, presque amère, au nez fin, admirable de proportions, aux longs cheveux, à la longue barbe en désordre : image vivante du scepticisme vieilli, non fatigué ; quelque chose comme un magicien, pour ne pas dire un mage.

Da-Vinci-Madone-Benois
Madone Benois, 1475-1478. Huile sur bois transposée sur toile, 49,5 x 33 cm. Musée de l’Ermitage, Saint-Pétersbourg.

Nous attachons-nous à ses évocations du monde féminin, ici encore, quelle fraîcheur et quelle variété ! Tantôt il nous montre des femmes candides ou énigmatiques, tour à tour tendres ou fières, les yeux noyés de langueur ou souriant d’un sourire indéfinissable ! Et cependant il est, avec Donatello, un des rares grands artistes dans la vie duquel aucune affection féminine ne semble avoir pris place. Tandis qu’autour de lui, dans cette société épicurienne de la Renaissance, Éros multiplie ses traits ; que le Giorgione et Raphaël meurent victimes d’une passion trop partagée ; qu’Andrea del Sarto sacrifie son honneur à son amour pour sa capricieuse épouse Lucrèce Fedi ; que Michel-Ange lui-même, le sombre misanthrope, nourrit une flamme aussi vive que respectueuse pour Vittoria Colonna : le Vinci, tout entier à l’art et à la science, plane au-dessus des faiblesses humaines, quelles qu’elles soient ; seules les jouissances de l’esprit l’attirent. Il l’a déclaré en propres termes : « Un beau corps passe, mais non une oeuvre d’art (Cosa bella mortal passa e non d’arte). »

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