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Hubert Robert (1733-1808) : De Rome à Paris, entre ruines et architecture

Très apprécié au XVIIIe , Hubert Robert, né le 22 mai 1733, fait partie de ces grands noms qui ont laissé leur place à d’autres contemporains dans la mémoire collective. Pourtant cet homme des Lumières, virtuose du dessin, maître de la perspective et mémorialiste, a fait d’un paradoxe son fer de lance. Peintre architecte et conservateur-restaurateur – notamment à l’œuvre du projet de transformation de la Grande Galerie du Louvre en vaste galerie d’Art -, il était avant tout un fervent admirateur de la ruine du temps sur les monuments et autres infrastructures. Oui vous lisez bien, à tel point que cela lui valu le surnom de « Robert des ruines » !

Cette passion singulière, lui vient lors de son long séjour à Rome en 1754, où il est pensionnaire de l’Académie de France à Rome. Durant cette résidence, il reçoit les enseignements de Giovanni Paolo Panini (1691-1765) qui lui enseigne la perspective, et de Piranèse (1720-1778). Là-bas, il rencontre Jean Honoré Fragonard (1732-1806) et bras dessus-bras dessous ils s’adonnent au dessin à la sanguine, sans motif, des paysages traversés lors de leurs pérégrinations dans la ville et les campagnes environnantes, et surtout des endroits désolés, comme les jardins et autres palais laissés à l’abandon. Ainsi prend racine le leitmotiv de sa vie. Mais ce n’est pas fini !

La Fontaine ovale dans les jardins de Tivoli, 1760. Sanguine sur papier, 32.7 x 45.1 cm. National Gallery of Art, Washington.
La Fontaine ovale dans les jardins de Tivoli, 1760. Sanguine sur papier, 32.7 x 45.1 cm. National Gallery of Art, Washington.

Lorsqu’il rentre en France, en 1765, sa réputation le précède et il est reconnu officiellement par l’Académie Royale de Peinture et de Sculpture comme « peintre d’architecture ». Ses peintures et dessins d’architectures en ruines fascinent le tout Paris ; Diderot en est baba !

Caprice architectural avec un canal, 1783. Huile sur toile, 129x182,5 cm. Musée de l’Ermitage, Saint-Pétersbourg.
Caprice architectural avec un canal, 1783. Huile sur toile, 129×182,5 cm. Musée de l’Ermitage, Saint-Pétersbourg.

Peu après il est nommé dans l’ordre, dessinateur du Roi, puis garde des tableaux du Roi, puis garde du Museum (futur Musée du Louvre) et conseiller à l’Académie. Rien que ça ! D’ailleurs il est à l’origine de la conception du parc d’Ermenonville en tant que conseiller artistique du Marquis René de Girardin et, ne vous déplaise, fut chargé en personne de l’aménagement du Hameau de la Reine à Trianon.

Enfin, après un passage de 10 mois par la case prison sous la Terreur, il reprend son poste de conservateur du Museum jusqu’à la retraite…

Projet d’aménagement de la Grande galerie du Louvre, vers 1789, 1796. Huile sur toile, 120×143cm. Musée du Louvre, Paris.
Projet d’aménagement de la Grande galerie du Louvre, vers 1789, 1796. Huile sur toile, 120×143cm. Musée du Louvre, Paris.

C’est donc un bel hommage que le Louvre – en partenariat avec La National Gallery of Art de Washigton – rend à ce grand rêveur, avec l’exposition intitulée « Hubert Robert, 1733-1808. Un peintre visionnaire », commencée le 9 mars et en place jusqu’au 30 mai 2016. N’attendez donc pas que la mousse vous pousse entre les articulations et courez-y ! Et si vous aimez les peintures de paysages, n’hésitez pas à consulter l’ouvrage L’art du paysage de la collection Temporis, publié par Parkstone International.

L’art du paysage

MS Poussin

MS Le Lorrain