Français Uncategorized

Lire un tableau ? « Casa do Ribeiro » de Amadeo de Souza-Cardoso

Le tableau Casa do Ribeiro, peint en 1913, reprend le motif de La Maison de Manhufe. C’est à côté de cette maison que le père d’Amadeo a fait construire un ample atelier, qu’Amadeo lui-même, dans une lettre de 1910 à Lucie, considère comme étant plus que cela, « ce n’est pas juste un atelier, c’est définitivement une maison ».

Dans ce tableau, il recourt aux mêmes parallélogrammes pour représenter la maison, mais cette fois, l’enjeu avec l’environnement et la construction de la perspective est plus complexe. Chaque plan assume une plus grande autonomie et ne s’articule pas en continuité avec les autres éléments du volume auquel il est lié. Le refus de lignes verticales provoque un dynamisme dans l’ensemble, qui permet de l’articuler davantage par rapport aux autres plans de l’ensemble. Le paysage environnant, en particulier celui au premier plan, est construit par des sections triangulaires dont les lignes dépassent les contours et destituent une représentation naturaliste pour révéler le rôle des éléments picturaux.

083_MOW SOC 121_MS SOC 092 ok
Casa do Ribeiro, 1913. Huile sur bois, 29,5 x 51,7 cm. Collection privée, Porto.

La perspective axonométrique avec laquelle la maison est représentée s’intègre de manière plus harmonieuse dans la triangulation du premier plan et vice-versa, construisant une continuité dans la maille des plans et définissant une plus grande convexité qui contrarie la profondeur illusionniste de l’espace. La chaîne de montagnes, qui se superpose aux toits, prolonge le même jeu chromatique de verts et de bruns du premier plan, renforçant une plus grande participation du motif de la maison dans l’ensemble. Les taches blanches du ciel, dans le coin supérieur gauche, complètent non seulement le rythme des plans de la maison, mais sont également sectionnées par des lignes d’arbres nus.

Le traitement de la couleur a considérablement changé, en passant d’un fond ocre homogène, sur lequel des lignes colorées et fluides dessinaient les motifs, à un empâtement chromatique de contours indéfinis, et il en va de même pour les lignes noires qui délimitent les plans. Une surface plus compacte et animée par différents mouvements et des tensions de plans commence à s’esquisser.

Amadeo de Souza-Cardoso

buy-button-amazon