Les Dessous Féminins
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Au-delà du noir et du blanc : Les nuances audacieuses et magnifiques de la Dessous Féminins

Crédit vidéo d’introduction : Une femme séduisante regarde la caméra vidéo de Jill Burrow de Pexels.

Le texte ci-dessous est l’extrait du livre Les Dessous Féminins (ISBN: 9781783108350) écrit par Muriel Barbier et Shazia Boucher, publié par Parkstone International.

Pendant longtemps les dessous féminins sont blancs, symboles de chasteté, de pureté et de moralité. Les couleurs vives sont le fait des prostituées. Sauf pour les bas faits dans des couleurs tendres comme le rose, le bleu et, à la Révolution, dans les couleurs de la patrie. Au XIXe siècle une femme élégante porte des bas blancs ou gris. Dans Autre étude de femme, voici comment Honoré de Balzac distingue une « femme comme il faut » : « Elle ne porte ni couleurs éclatantes, ni bas à jours, ni boucle de ceinture trop travaillée, ni pantalons à manchettes brodées bouillonnant autour de sa cheville. Vous remarquerez à ses pieds, soit des souliers […] sur un bas de coton d’une finesse excessive ou sur un bas de soie uni de couleur grise, soit des brodequins de la plus exquise simplicité. »

Chantal Thomass, Défilé 2004, dessous féminins
Chantal Thomass, Défilé 2004

Couleurs vives et fantaisies sont donc réservées aux spectacles et aux courtisanes. D’autre part, les bas noirs qu’arborent les danseuses de french-cancan des tableaux de Toulouse-Lautrec sont porteurs d’un certain érotisme et ne sont adoptés que par les danseuses de cabaret, les prostituées et certaines élégantes. La fausse pruderie du XIXe siècle préfère le blanc pour la lingerie, notamment en Angleterre pendant l’ère victorienne. Outre les chemises, les jupons et les caleçons, il est de bon ton d’avoir une corseterie blanche ou noire, mais jamais de couleur considérée comme un excès de luxe par la baronne de Staff dans Le cabinet de toilette.

Néanmoins, dans la seconde moitié du XIXe siècle, on ose des jupons et des caleçons de couleur parfois jaune ou rouge comme Scarlett dans Autant en emporte le vent. La couleur ne conquiert les dessous de toutes les femmes qu’au début du XXe siècle. Les tissus, les ornements et leurs couleurs changent alors d’une saison à l’autre. Dans les années 1910-1920, on commence à porter des dessous roses ou bleu ciel ; en 1917, Vogue évoque des corsets en satin de soie bleue. Les premières culottes Petit Bateau sont en coton soyeux blanc, rose et parfois bleu. Les couleurs sont donc encore pâles et tendres, évocatrices de virginité et de pureté, le bleu étant la couleur attribuée à la Vierge Marie.

Dans les années 1920-1930, la palette se diversifie avec, en plus du bleu et du rose, le jaune, le violet, le vert jade parfois ornés de rubans de couleur crème. Pour le soir, on ose le noir en jouant sur les effets de transparence. Les élégantes apprécient particulièrement la soie milanaise noire ornée de rubans crème ou beiges. Les années 30 voient le succès des couleurs pastels : chair, tous les roses, ivoire, bleu pâle ou vert, tant pour la lingerie de jour que de nuit. Les couleurs sombres, comme le rouge, le bordeaux ou le noir, deviennent populaires plus tard dans la décennie.

Chantal Thomass, Automne / Hiver 2001-2002, dessous féminins
Chantal Thomass, Automne / Hiver 2001-2002

Pendant les années 50, le noir et le blanc sont à nouveau les couleurs fétiches, en particulier pour les gaines faites de dentelle blanche ou noire doublée d’un voile dans les tons pastels. Mais le blanc très blanc est de retour agrémenté d’abondantes dentelles, broderies et rubans. Néanmoins de nouveaux coloris font leur apparition comme la couleur café, le turquoise, le rose thé, le corail, la couleur pêche ainsi que des imprimés légers de fleurs et de rayures.

Dans les années 1960, la couleur envahit les vêtements de dessus. La mode « jeune » est également aux dessous colorés. Les couleurs unies et pastels sont supplantées par des couleurs vives voire criardes, psychédéliques et formant des imprimés très couvrants. Les panties sont à fleurs, à pois ou à rayures mêlant fuchsia, orange, bleu turquoise et vert pomme. En revanche, dans les années 70, les imprimés passent de mode pour les dessous de jour, alors qu’ils perdurent dans les vêtements de nuit. Nombreux sont les pyjamas à rayures ou les chemises de nuit à fleurs. Les soutiens-gorge, culottes et collants sont de préférence unis dans des couleurs osées comme l’abricot, le vert olive, la couleur café, le fuchsia ou le bleu turquoise. Peu à peu, la couleur chair et ses dérivés envahissent les dessous féminins. Cet avènement correspond à la conception nouvelle des dessous comme seconde peau et à la volonté de les rendre les plus discrets possibles. La première apparition de bas et de maillots couleur chair a lieu à l’aube du XIXe siècle, au moment du Directoire, à cause de l’extrême transparence des robes.

Mais ce changement est bref, et le blanc revient en force. Les coloris chair, rose, pêche, deviennent communs pour les bas dans les années 1925, là encore liés au dévoilement de la nudité des jambes. Ces coloris chair connaissent leurs heures de gloire dans les années 60-70, à un moment où l’éloge du corps et de la simplicité est de mise. Lou propose son modèle « filet » en blanc, mais aussi en marron glacé ou caramel.

Corset créé par la maison Axfords, dessous féminins
Corset créé par la maison Axfords

Plus tard, certaines marques comme Princesse Tam-Tam (1985) lancent des motifs fantaisistes comme l’écossais, les fruits, les fleurs agrémentés de petits noeuds brodés ; des modèles liés au goût pour le « cocooning », des dessous de jour et de nuit confortables dans lesquels il fait bon rester chez soi.

Ces motifs porteurs d’une certaine fraîcheur contribuent à l’image d’une femme-enfant. Enfin, dans les années 80, on revient à une lingerie plus sophistiquée, à des couleurs vives auparavant réservées aux prostituées : des dentelles rouges, noires, mauves.

Les sous-vêtements prennent le dessus, se font excentriques et arrogants. De nombreux dessous féminins deviennent de réels vêtements créés dans les couleurs de la mode du moment : des nuisettes portées comme robes d’été, des débardeurs à la place des T-shirt ou des corsets remis au goût du jour comme vêtements du soir. Les personnalités du monde du spectacle montrent leurs dessous souvent de couleurs vives.

Chantal Thomass, Défilé 2004
Chantal Thomass, Défilé 2004

Parmi elles : Anny Lennox (la chanteuse du groupe Eurythmics), Gwen Stefani, Mylène Farmer, Madonna qui chante dans un corset vert bordé de dentelle noire, ou encore Britney Spears qui porte son string rose bonbon par-dessus son pantalon.

Bref, la couleur règne sur les dessous et se montre. Les dessous colorés de la femme d’aujourd’hui sont ceux de la prostituée des générations précédentes. Ils sont l’illustration d’une société aux moeurs certes libérées, mais souvent à la limite de la vulgarité.

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