Briser les frontières : L’homosexualité dans l’expression artistique
Le texte ci-dessous est l’extrait du livre L’Homosexualité dans l’Art (ISBN: 9781783108176), écrit par James Smalls, publié par Parkstone International.
L’homosexualité au Moyen Âge est un sujet complexe et souvent mal compris. Bien qu’il y ait eu des cas de relations et de désirs homosexuels pendant cette période, les attitudes envers l’homosexualité variaient considérablement d’une région à l’autre et d’une culture à l’autre. Dans l’Europe chrétienne, les enseignements de l’Église condamnaient l’homosexualité comme un péché et un acte immoral, ce qui a conduit à la persécution des personnes soupçonnées de se livrer à des actes homosexuels. Cependant, les archives historiques suggèrent également l’existence de communautés homosexuelles prospères dans certaines villes médiévales, où les relations entre personnes du même sexe étaient tolérées à des degrés divers.
Contrairement à l’Antiquité, le Moyen Âge est une période qui a été très peu étudiée en ce qui concerne les traces de l’homosexualité dans l’art en Occident. C’est la naissance du christianisme et l’influence croissante de l’Église chrétienne dans la vie quotidienne qui expliquent la quasi invisibilité de l’homosexualité dans l’art de cette période. Le christianisme devint la religion officielle de l’Empire romain en 381, sous le règne de Théodose le Grand (346–365). L’empereur Constantin (274–338) l’avait légalisé au IVe siècle après Jésus-Christ.

La peine de mort pour les actes homosexuels masculins fut imposée pour la première fois par les empereurs Constantin et Constant, et de nouveau par le code de Théodose de 390. (Warren Johansson et William A. Percy, « Homosexuality », in Vern L. Bullough et James A. Brundage, eds., Handbook of Medieval Sexuality, New York, Garland Publishing Inc., 1996, 160–161). Théodose décréta l’homosexualité passible de la mort par le feu. Le comportement lesbien avait été pareillement proscrit au Moyen Âge par une loi de 287 après Jésus-Christ imposée par Dioclétien (245–313) et Maximien. La peine de mort punissant les actes homosexuels masculins et féminins demeura dans le Code civil jusqu’au XVIIIe siècle dans la plupart des pays d’Europe occidentale.
Les mesures extrêmes prises par ces souverains furent justifiées par les rationalisations théologiques de la morale sexuelle fixées par saint Paul, puis saint Augustin et saint Jérôme. De tous les Pères de l’Église, c’est saint Augustin qui eut la plus longue influence sur les comportements sexuels dans l’Occident chrétien. Aux environs de 400 après Jésus-Christ, Augustin s’attaqua au mythe classique et tenta de « corriger » ses aspects païens immoraux. Invoquant l’Ancien Testament, il répéta avec insistance que toutes les formes de satisfaction sexuelle qui n’étaient pas tournées vers la procréation étaient mauvaises parce que leur seul but était le plaisir et non la reproduction de l’espèce.

Entre le IVe et le XVe siècle, la majorité des oeuvres d’art étaient commandées par l’Église, et même les commanditaires privés exigeaient souvent des thèmes religieux. (Saslow). Toutes les formes de sexualité comme acte et sujet de représentation, en particulier l’homosexualité, furent déconseillées et plus tard attaquées par l’Église. L’intolérance chrétienne envers l’homosexualité était principalement la conséquence d’une réaction à l’héritage hédoniste du paganisme gréco-romain dans lequel les pratiques homosexuelles étaient, dans bien des cas, encouragées.
Le christianisme chercha à nier le corps et toutes les formes de plaisirs terrestres. Lorsque des thèmes érotiques apparaissent dans l’art médiéval, c’est généralement sous forme de « spiritualité solennelle et mystères ineffables ». (Saslow). Au cours de la période médiévale, l’homosexualité était divisée en deux champs : l’idéal classique d’amicitia (une amitié chaste et profonde), et la sodomia (terme vague condamnant un ensemble d’actes sexuels allant du rapport anal à la masturbation et à la bestialité). (Saslow).

Lorsque les envahisseurs « barbares » (principalement Germains et Celtes) submergèrent de plus en plus l’Empire d’Occident, nombre des rigoureuses mesures instaurées contre l’homosexualité par les empereurs chrétiens devinrent inapplicables. Ceux qui prirent finalement le pouvoir restèrent respectueux envers le christianisme mais ne cherchèrent pas à dépenser tant d’énergie à criminaliser l’homosexualité. Le dernier des Pères de l’Église, le pape Grégoire le Grand (590–604), tenta cependant de convertir les barbares et proposa de nouveaux moyens pour mettre en application l’interdit qui pesait antérieurement sur l’homosexualité. L’un des moyens les plus efficaces consista à publier des pénitentiels, ou manuels destinés à instruire les prêtres et à les aider à donner aux laïques une orientation spirituelle. Les pénitentiels apparurent d’abord en Irlande et en Angleterre et se répandirent plus tard sur le continent européen.

Ces manuels classaient les péchés par catégories selon leur gravité et fixaient des peines spécifiques pour les absoudre. Sans exception, tous les pénitentiels condamnèrent la sodomie, le rapport intercrural et la masturbation. Même si les pénitentiels mettaient l’accent sur la pénitence plutôt que sur la punition pour la plupart des péchés, ils traitaient l’homosexualité plus sévèrement, en particulier en cas de rapport sexuel oral et anal. Sous le règne de Charlemagne (768–814), les pénitences pour sodomie étaient appliquées aux laïques, mais sa pratique était condamnée et jugée impardonnable pour les moines. (Johansson et Percy). Les pénitentiels s’adressaient surtout aux hommes puisque les relations sexuelles lesbiennes en général étaient à peine mentionnées.
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