Le Dernier Tsar
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Le Dernier Tsar de Russie : Le pouvoir, la révolution et la fin d’un empire

Le texte ci-dessous est l’extrait du livre Le Dernier Tsar, écrit par Łarysa Jermiłowa, publié par Parkstone International.

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Nous sommes au mois de janvier 1613. Une députation importante avance le long de la route menant de la ville de Kostroma au monastère Ipatievski : quelques prêtres et boyards, suivis d’une multitude de simples gens, portent une icône miraculeuse avec l’évangile, la croix, le sceptre royal et une immense lanterne en mica. Cette ambassade va annoncer au jeune boyard Michel Fédorovitch Romanov, qui vit avec sa mère, soeur Marfa, dans une cellule du couvent Ipatievski, son élection par l’Assemblée des zemstvos à la dignité suprême de l’état russe. Ce pèlerinage n’a qu’une seule mission : demander au jeune Romanov d’accepter de monter sur le trône et d’incarner ainsi la nouvelle espérance du pays.

Des épreuves tragiques s’étaient abattues sur la Russie à cette époque. Elle sortait à peine d’une longue période de troubles sanglants qui avaient conduit au démembrement de l’Etat, à la ruine et à la misère générale. La Russie venait de vivre les années de la domination polonaise, la perte de Novgorod et de Pskov conquis par les Suédois, le pillage du pays par les Lituaniens et par les Polonais, sans parler des incursions des brigands de tout acabit. A Moscou même, un imposteur, le faux Dimitri, avait réussi, avec l’aide des Polonais, à s’emparer du trône pendant quelque temps. C’était la fin, semblait-il, de tout ordre dans le pays. Toutefois le peuple russe sut faire preuve d’énergie et de courage à ce moment décisif de son histoire et ne plia pas devant l’envahisseur.

Alexandre II entouré de sa fille Marie et de son fils Serge. Tsarkoié Sielo. 1863, Russe
Alexandre II entouré de sa fille Marie et de son fils Serge. Tsarkoié Sielo. 1863.

Vint le moment où un puissant mouvement patriotique mobilisa les coeurs et les esprits. La levée en masse de volontaires venus des rives de la Volga, de Nijni-Novgorod, se porta au secours de Moscou. Sur le parvis de la cathédrale de l’Assomption de cette ville, le bourgeois Minine lança son vibrant appel au peuple, le sommant de sauver la patrie. Les forces des milices populaires conduites par le prince Pojarski et Minine reprirent Moscou et en chassèrent l’envahisseur. La Russie pouvait espérer recouvrer son intégrité et restaurer l’édifice ruiné de l’Etat.

Au lendemain de la libération de Moscou, des messagers furent dépêchés dans toutes les villes, conviant les autorités ecclésiastiques et les élus locaux à venir à Moscou afin de procéder, en Assemblée des zemstvos, à l’élection du tsar. “Ce fut, écrit l’historien V. Klioutchevski, sans conteste la première véritable Assemblée des zemstvos avec la participation des simples habitants de bourgs et même de villages. Pendant trois jours, les délégués observèrent le strict jeûne purificateur afin d’expier les péchés des temps troubles. Ils priaient Dieu de leur accorder d’élire un tsar ‘non selon avis de chacun’, mais conformément à la volonté générale, ayant la consécration de la foi”. De nombreuses pétitions parvenaient à l’Assemblée, de la part des nobles, des marchands, des villes du Nord, et même des cosaques, demandant l’élection au trône du jeune boyard Michel de la famille Romanov. On lit dans les chroniques : “Les chefs, comme aussi les gens du peuple, en s’en remettant à la volonté du Dieu, se sont mis à réfléchir sur le moyen d’élire au trône moscovite un homme vertueux, désigné par le Seigneur, et non par les humains… Et une seule et même idée est venue à tous : aux nobles et aux militaires et aussi aux gens du peuple, chrétiens orthodoxes… Et d’une seule voix puissante tous ont clamé leur attachement à Michel Fédorovitch Romanov, le proclamant souverain de l’Etat moscovite.”

Cependant, pour entériner cette décision, on s’en remit à la volonté de tous les Russes. Des messages venaient de toutes parts : “Tous, les petites gens et jusqu’aux plus grands n’ont qu’une seule et même idée : que Michel Fédorovitch Romanov soit couronné et monte sur trône.” Dans le peuple, on connaissait l’histoire du père de Michel, le métropolite Philarète de Rostov, qui, dans la ville assiégée par les Polonais, s’enferma dans la cathédrale avec ses paroissiens et les exhorta à résister jusqu’à la fin. L’ennemi pénétra dans l’église, y fit grand carnage et emprisonna le métropolite. De la sorte, le jeune Michel Romanov, qui n’avait à l’époque que seize ans, fut élu parce que, de surcroît, il représentait légitimement la lignée des princes et des tsars de Russie : il était l’arrière-petit-fils d’Ivan le Terrible.

Réception offerte au corps des grenadiers à leur retour de la campagne de 1877-1878, Russie
Réception offerte au corps des grenadiers à leur retour de la campagne de 1877-1878.

Ainsi, le 13 janvier 1613 les ambassadeurs viennent en groupe à l’entrée de la cellule du jeune Michel et le prient d’accepter le sceptre de l’Empire russe.

La vieille soeur Marfa, mère de Michel, refuse tout d’abord de donner son assentiment. Puis, dans un second temps, elle va s’agenouiller devant l’icône miraculeuse de la Vierge de Fédorovo et, finalement, donne à Michel sa bénédiction.

Aussitôt installé sur le trône, Michel libère son père et en fait le métropolite de Moscou et de toute la Russie. Le retour de Philarète à Moscou est un événement de très grande importance. Au cours d’une cérémonie solennelle en la cathédrale de l’Assomption, il est ordonné patriarche. Et jusqu’à sa mort, devenu désormais “grand souverain”, il allait gérer non seulement les affaires de l’Eglise, mais aussi celles de l’Etat.

Au début du règne de Michel, apparaît une nouvelle forme de participation des régions aux affaires de l’Etat ; elle prend le nom d’Assemblée des zemstvos et réunit des élus représentant toutes les régions de la Russie. Cette nouveauté contribue fortement à promouvoir l’idée patriotique dans le pays. Tout au long des trente-deux années du règne de Michel, l’Assemblée des zemstvos collabore étroitement avec le pouvoir du tsar.

Alexandre III et Marie Fédorovna en visite à Moscou, Russie
Alexandre III et Marie Fédorovna en visite à Moscou. La revue des troupes. 1891.

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