Le dernier Tsar
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Le Dernier Tsar – Couronné de gloire, perdu par la révolution

Le texte ci-dessous est l’extrait du livre Le Dernier Tsar (ISBN: 9798894052465), écrit par Larissa Yermilova, publié par Parkstone International.

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Les succès du règne de Michel, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur, doivent beaucoup à l’action énergique de son père, le patriarche Philarète. “La paix, déclare la Chronique, est conclue avec les Polonais et avec les Suédois, auxquels le tsar a repris la ville de Novgorod et le Ladoga ; afin de protéger la frontière, il a fait élever un rempart de terre partout où il le fallait dans la steppe de Crimée et il y a construit des villes. En 1637, la ville d’Azov a été prise par les cosaques du Don et une première ambassade envoyée en Chine ; il en a été de même pour la Turquie et la Perse avec lesquelles on a fait la paix et procédé à un échange d’ambassades… Moscou divisée et dévastée a été remise en état et rénovée.”

Michel Fédorovitch règne pendant trente-deux ans et meurt en 1645, le 13 juillet, en sa 49e année. Sa sépulture se trouve à la cathédrale de l’Archange à Moscou.

L’empereur Nicolas II, l’impératrice Alexandra Fédorovna et leurs filles. 1901, Le dernier tsar
L’empereur Nicolas II, l’impératrice Alexandra Fédorovna et leurs filles. 1901.

Le lendemain de la mort du tsar Michel, Moscou jure fidélité à son fils Alexis Mikhaïlovitch (il régna de 1645 à 1676). Le jeune tsar accède au trône avec la bénédiction de son défunt père. Le couronnement se déroule dans une atmosphère de grande solennité. Le tsar Alexis Mikhaïlovitch, caractère vif et sensible, est surnommé “tischaïchy” – le Très-tranquille – compte parmi les hommes les plus instruits de son temps, et son talent littéraire est incontestable. Fin connaisseur de l’oeuvre littéraire contemporaine, laïque ou religieuse, il rédige ses lettres et ses oukases dans un style vivant et imagé. Ses lectures le rendent profondément religieux : souvent il s’absorbe dans la prière, observe le jeûne rituel, connaissant parfaitement les canons de l’Eglise. C’est pourtant sous le règne de ce monarque que la scission survient au sein de l’Eglise, qu’on connaîtra dans l’histoire comme “l’affaire du patriarche Nikon”. Cet événement crucial de la vie religieuse du pays, jouera un rôle important dans le changement des rapports entre l’Eglise et l’Etat.

Sous le tsar Alexis, se répand l’opinion selon laquelle il faut mettre les livres et le rituel canoniques en conformité avec les normes liturgiques de l’Eglise grecque. Cette tendance gagne rapidement les sphères supérieures de l’Eglise moscovite et l’entourage du tsar. Le patriarche Nikon se charge de procéder à la correction des textes liturgiques, avec l’appui du tsar. Aux yeux du peuple, cependant, ces corrections sont considérées comme autant de concessions faites aux “latins et aux luthériens”. On interprète les nouveautés liturgiques comme un outrage au sentiment national. Dans leur majorité, les Russes restent fidèles à la tradition ancestrale. Le parti des vieux-croyants est dirigé par l’archiprêtre Avvakoum, qui pâtira cruellement de ses convictions. Son cas placera chacun face aux plus graves questions de la vie et de la foi.

Nicolas II inspecte une unité de l’aviation, Le dernier tsar
Nicolas II inspecte une unité de l’aviation.

Commence alors la période “des grandes persécutions” pour tous ceux qui s’opposent aux innovations. La princesse Ouroussova et la notable Morozova sont torturées et incarcérées dans une prison souterraine, le moine Avraamie est exécuté à Moscou, l’émeute de Solovki réprimée sévèrement et l’archiprêtre Avvakoum brûlé en place publique. Dans tous les coins du royaume moscovite, des bûchers sont allumés par les tenants de l’ancien rite qui s’immolent par le feu. Les vieux-croyants contestent les prétentions du pouvoir tsariste à la gestion des affaires de l’Eglise. Ils fondent des communautés vivant leur propre vie religieuse.

Le sort s’acharne aussi contre le “pourfendeur de la dévotion à l’ancienne”, le patriarche Nikon. Celui-ci prône la suprématie du “sacerdoce” sur le “royaume” et cherche à conserver son autorité sur le pouvoir temporel. Le tsar Alexis refuse de donner raison à Nikon dans sa négation de la sainteté intrinsèque de la dignité de tsar. Ce qui provoque la rupture entre le tsar et le patriarche. Nikon est destitué par le concile qui siège en 1666–67. Le pouvoir spirituel du patriarche s’en trouve affaibli, préparant ainsi le terrain à l’abolition de cette institution par Pierre Ier, fils d’Alexis.

Nicolas II et Alexandra Fédorovna salués par la foule au Kremlin à Moscou. 1903, Le dernier tsar
Nicolas II et Alexandra Fédorovna salués par la foule au Kremlin à Moscou. 1903.

Sous le règne d’Alexis Mikhaïlovitch débute la lutte pour la possession des territoires russes du sud et de l’ouest. Au milieu du XVIIe siècle, l’Etat moscovite se fait le champion de l’unité slave. Le peuple frère de la Petite Russie (Ukraine), apparenté aux Russes par les liens de sang et de religion, décide de se rattacher au peuple russe dans le cadre d’un seul et même Etat. En 1653, le hetman ukrainien Bogdan Khmielnitski engage des pourparlers avec Moscou en vue de “placer l’Ukraine sous sa protection”, et la même année, l’Assemblée des zemstvos réunie à Moscou approuve le ralliement de l’Ukraine ; la guerre contre la Pologne, dont l’Ukraine est l’enjeu, ne tarde pas à éclater. Menée sur deux fronts à la fois, contre la Pologne à l’ouest et contre la Suède au nord, elle ne permet pas d’atteindre les résultats escomptés. En fin de compte, Moscou doit céder la Lituanie et la Biélorussie à la Pologne et renoncer au littoral de la mer Baltique au profit des Suédois. Ceux-ci occupent les régions de Novgorod et de Pskov.

Ecoutons encore ce que dit la Chronique à propos des secousses intérieures et extérieures qui ont ébranlé le pays sous le règne d’Alexis Mikhaïlovitch : “à cette époque, Stepan Razine, un cosaque du Don, entreprit de brigander du côté de la Volga et de la mer Caspienne. Il prit la ville d’Astrakhan et d’autres cités, en leur causant un préjudice énorme. Il fit incendier les navires de mer qu’on venait de construire à Astrakhan, et un grand vaisseau dont le nom était “Orel”. Finalement, il fut capturé et écartelé à Moscou. Par deux fois le khan de Crimée pénétra en Russie. Les Russes, qui par le passé avaient eu à subir des défaites face au khan, remportèrent l’année suivante une victoire complète sur les Criméens.”

Nicolas II et Alexandra Fédorovna à Kostroma. 1913, Le dernier tsar
Nicolas II et Alexandra Fédorovna à Kostroma. 1913.

(A suivre)

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En outre, vous pouvez regarder le documentaire « The Last Czars » sur Netflix. Il s’agit d’un docudrame en six parties en langue anglaise qui a été lancé sur Netflix le 3 juillet 2019. La série suit le règne de Nicolas II, le dernier empereur de la dynastie russe des Romanov, depuis son accession au trône en 1894 jusqu’à son exécution avec la famille Romanov en 1918.

The Last Czars on Netflix
Cre: Netflix

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