Des Sandales aux Baskets : La Fascinante Histoire des Chaussures
Le texte ci-dessous est l’extrait du livre L’Art de la Chaussure (ISBN: 9781783108237), écrit par Marie-Josèphe Bossan, publié par Parkstone International.
Le soulier d’Henri II de Montmorency
Henri II de Montmorency est le petit-fils d’Anne de Montmorency, connétable, maréchal de France et conseiller des rois François 1er, puis Henri II. Dernier représentant de la branche aînée de cette illustre famille, filleul du roi Henri IV, Henri II de Montmorency additionne les nominations prestigieuses : amiral de France et de Bretagne, vice-roi de Nouvelle France et enfin gouverneur du Languedoc après la démission de son père en 1613. Le bâton de maréchal récompense ses succès militaires. Mais Gaston d’Orléans le persuade de soulever le Languedoc. Son imprudente révolte contre le cardinal de Richelieu lui vaut d’être emprisonné à Castelnaudary. Abandonné par Monsieur, il est condamné à mort, puis décapité à Toulouse en 1632. Son soulier en cuir, monogramme, orné d’une fleur de lis sur l’empeigne conservé au Musée International de la Chaussure, confirme la virtuosité de la cordonnerie de la première moitié du XVIIe siècle.

Les chaussures de la marquise de Pompadour ou le triomphe du talon Louis XV
Ces souliers à talon bas en soie jaune brodée de fils d’argent à bout légèrement relevé ont perdu leurs boucles et présentent des marques d’usure. Ils proviennent de l’héritage de Madame de Pompadour qui les avait laissés à sa femme de chambre.
Le portrait de la marquise, en position assise, peint par François Boucher en 1758 et conservé au Victoria and Albert Museum, la montre, les pieds croisés, chaussée de souliers à l’état neuf, ornés d’une importante boucle, probablement en argent. Sur le portrait conservé à la Wallace Collection à Londres, Boucher la représente debout, le pied droit dissimulé par sa robe jaune.
Seul le pied gauche, chaussé d’un soulier à talon fermé par une boucle se rapproche davantage des souliers du musée de Romans. Un troisième portrait de Boucher, provenant de la collection Maurice de Rothschild, met en évidence de somptueuses mules roses, à bout relevé à l’orientale, rehaussées par la richesse décorative de l’empeigne, agrémentée d’une torsade médiane longitudinale, et bordée d’un bouillonné de tissu. Le talon haut recouvert de peau blanche représente l’exemple type du talon Louis XV.

Ces chaussures, en écho visuel, s’harmonisent à merveille avec les ornements roses de la robe verte de la marquise. Quentin de La Tour, dans le pastel conservé au musée du Louvre, la chausse de ravissantes mules roses assez semblables. Toutefois, l’ornementation en est simplifiée.
Célèbre pour son élégance, la marquise de Pompadour, sur ces quatre portraits, présente et illustre parfaitement les chaussures féminines à la mode sous le règne de Louis XV : les souliers fermés par une boucle et les mules. Mules dont le talon Louis XV, appellation toujours usitée depuis, connaîtra et connaît encore au XXIe siècle une vogue considérable que le Dictionnaire technique de l’industrie de la chaussure de Louis Rama, ouvrage de référence en la matière, encore aujourd’hui, définit ainsi : « Talon Louis XV : talon haut, très abattu de profil concave, dont la gorge est recouverte par un prolongement de la semelle, obtenu par refente appelé queue de semelle. » Si les techniques de fabrication et les lignes marquent une évolution incontestable au fil du temps, le principe du talon Louis XV, élaboré au XVIIIe siècle, reste le même. Talon au nom évocateur qui, à l’entendre seulement…, symbolise l’éternel féminin.

Le soulier de Marie-Antoinette
Ce soulier attribué à la reine, trouvé au pied d’un échafaud, place de la Révolution à Paris, le 16 octobre 1793, et revendu le jour même un louis au comte de Guernon- Ranville qui le transforme illico en relique. L’intérieur comporte une inscription manuscrite, adhérant comme une première : « soulier que portait la reine Marie- Antoinette le jour néfaste où elle monta à l’échafaud, ce soulier fut ramassé par un individu au moment où la reine le perdit et acheté immédiatement par Monsieur le comte de Guernon-Ranville ».
André Castelot, dans son ouvrage sur Marie-Antoinette écrit : « Elle se hâte, gravit la raide échelle avec tant de précipitation (à la bravade dit un témoin) qu’elle perd l’un des ses petits souliers prunelle à la Saint Huberty. »

D’après le témoignage de Rosalie Lamorlière, femme de chambre de la reine au Temple, on sait que Marie-Antoinette va au supplice avec des souliers de prunelle dont les talons mesurent deux pouces (six centimètres environ), de la forme dite Saint Huberty, du nom de l’actrice lyrique qui en avait lancé la mode. Ce soulier peut être en soie ou en peau.
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