Le pinceau céleste de Fra Angelico : Maître de la première Renaissance
Le texte ci-dessous est l’extrait du livre Fra Angelico (ISBN: 9781783108473), écrit par Etienne Beissel, publié par Parkstone International.
Une vie intellectuelle très active régnait, au commencement du XVe siècle, au couvent des Dominicains de Fiesole. Cette maison avait été fondée en 1406 par le bienheureux Giovanni di Dominici Bacchini, plus tard archevêque de Raguse et cardinal (1419), afin de rétablir dans toute sa sévérité l’ancienne règle de l’Ordre selon l’esprit de saint Dominique. Les membres de ces maisons réformées devaient se consacrer au salut des âmes non seulement par l’étude des sciences et la prédication, mais encore par le travail appliqué aux arts. Banni de Venise, Giovanni était arrivé en 1399 à Città di Castello près d’Arezzo, d’où il fut appelé à Florence pour y prêcher le carême à la cathédrale. San Lapo Mazzei, en écrivant à un ami après avoir entendu l’un des premiers sermons, rend compte de ses impressions en ces termes : « J’ai été à Santa Liparata (la cathédrale) où devait prêcher un frère de la vie pauvre de saint Dominique, et où il a prêché en effet ; je puis vous assurer que jamais je n’ai entendu pareil discours, ni été ému par tant d’éloquence (…) ; tout le monde pleurait ou semblait frappé de mutisme et de stupeur en écoutant la pure Vérité (…). Il parle de l’Incarnation de Dieu de manière à vous arracher l’âme du corps et à forcer tout le monde à courir après lui. »

Les moeurs de la population devinrent plus pures, et, de jour en jour, l’influence de Dominici allait grandissant. En 1405, l’évêque de Fiesole lui fit don du terrain nécessaire à la construction d’un couvent et d’une église, qui furent commencés immédiatement. Déjà en 1406, ce religieux zélé entrait dans la nouvelle maison avec treize frères, et bientôt de nombreux néophytes, animés des plus ferventes dispositions, vinrent solliciter leur admission dans l’Ordre. Dès l’année 1405, le jeune Antoine, alors âgé de seize ans, devenu plus tard le saint évêque de Florence († 1459), s’était présenté à Dominici. Questionné sur la nature de ses études, le postulant manifesta ses préférences pour le droit canon. On lui répondit que, dans l’Ordre, on n’admettait à ce genre d’étude que les novices sachant déjà par coeur tout le « Decretum ». « Allez donc, mon fils, lui dit Dominici, et mettez-vous à l’apprendre ; lorsque vous le posséderez, vous pourrez vous présenter en toute confiance.» Le jeune postulant partit et revint subir l’épreuve. L’ayant admis à la vêture, le Père Supérieur l’envoya à Cortone, où le bienheureux Lorenzo di Ripafratta dirigeait, depuis 1409, le noviciat de la branche réformée de l’Ordre.

L’année 1408, deux frères venaient frapper à la porte du couvent de Fiesole, sollicitant également leur admission. L’aîné des deux, Guido (Guidolino), était âgé de vingt et un ans, le second n’en comptait que dix-huit. Leur père Pietro vivait dans un petit bourg auprès du château fortifié de Vicchio, situé entre Dicomano et Borgo San Lorenzo dans la province toscane de Mugello, non loin du lieu de naissance de Giotto. Sans doute questionna-t-on également ces deux jeunes survenants sur l’objet de leurs études antérieures, et eux aussi n’auront été reconnus admissibles dans la maison des Dominicains réformés, qu’après avoir fait preuve de leurs aptitudes. Il se trouva que l’aîné possédait comme peintre un véritable talent, et que le second était calligraphe.

A cette époque toutefois, Dominici ne se trouvait plus à Fiesole ; il avait reçu en 1406 de la République de Florence une mission pour Rome. Arrivé à la Ville éternelle, Grégoire XII se l’attacha par les liens les plus étroits, et, le 12 mai 1409, il le revêtit de la pourpre cardinalice. Son successeur à Fiesole fit un accueil amical aux deux postulants : il leur donna l’habit et nomma l’aîné Fra Giovanni (Petri del Mugello), et le plus jeune des deux frères Fra Benedetto (Petri del Mugello). Il les envoya ensuite au noviciat de Cortone où, pendant un an, ils devaient vivre principalement d’une vie de pénitence et de prière. Pour caractériser ce noviciat, et l’esprit qui devait animer plus tard Fra Giovanni (Angelico), ces paroles empruntées à Dominici sembleront particulièrement en situation :
« Je ne qualifie pas encore de bon novice celui qui marche toujours les yeux baissés, qui récite une longue suite de psaumes, ne faisant jamais défaut aux chants du choeur, observant le silence et vivant en paix avec ses frères ; celui qui aime sa cellule et châtie son corps par la discipline, qui jeûne souvent et évite soigneusement le commerce avec les gens du monde ; s’adonnant à tous les exercices de la vie ascétique, regardée par les commençants comme la sainteté même. Non, tout cela n’est pas suffisant. Je donnerai seulement le certificat de bon novice à celui qui accomplit d’une manière parfaite et selon toutes ses forces, les volontés légitimes de ses supérieurs. »

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