L’art de la guerre : 200 peintures emblématiques des batailles les plus célèbres du monde
Le texte ci-dessous est l’extrait du livre L’art de la Guerre (ISBN: 9781783108763) écrit par Victoria Charles et Sun Tzu, publié par Parkstone International.
« Nous étions des spécialistes du camouflage, mais pendant cette période nous combattions pour sauver nos vies en tant que simple soldats d’infanterie. L’unité était composée d’artistes, idée issue de la théorie de quelqu’un dans l’armée, pensant que nous serions particulièrement doués pour le camouflage. » (Kurt Vonnegut, Bluebeard)

Durant des siècles, les batailles ne constituaient que l’un des nombreux sujets choisis par l’artiste. Sa motivation était en général seulement de nature esthétique, et de temps en temps financière lorsqu’il répondait à une commande. Cela commença à changer lors de la révolution américaine, lorsque des artistes comme John Trumbull ou Emanuel Leutze (peintre du fameux Washington passant le Delaware, The Metropolitan Museum of Art, New York), s’intéressèrent tout particulièrement aux scènes guerrières. Cela n’est pas surprenant, car le même schéma s’est reproduit au cours de l’histoire de l’art en général. Lorsqu’il n’y avait que des artistes travaillant sur des sujets divers et pas sur un seul genre en particulier, la Renaissance entraîna l’apparition d’artistes spécialisés. Des artistes choisirent un thème et s’y tinrent tout au long de leur vie. En ce qui concerne l’art de la guerre, la même évolution eut lieu. En dehors des artistes qui choisirent de travailler sur les guerres menées par leur pays, les gouvernements commencèrent à désigner des artistes de guerre officiels, qui parfois servaient eux-mêmes dans l’armée. Ils étaient chargés d’illustrer les conflits pour l’État. À partir de là, il ne fallut pas grand-chose pour que les armées développent des programmes artistiques spécifiques.

Les artistes enrôlés étaient finalemen des soldats dont les impressions sur la guerre étaient subjectives mais aussi sincères. De la même manière, la fonction de photographe de guerre eut davantage d’importance. Dans leur travail, la notion de « documentaire » peut vraiment être appliquée. Non que les impressions capturées par les artistes et photographes de guerre ont moins de parti pris et de déformations de la réalité, mais même si elles ne dépeignent que l’expérience subjective d’une personne, elles vont déjà au-delà de siècles de peintures de guerre par leur réalisme et qualité documentaire. Cependant, cette véracité signifia aussi la fin de la peinture de guerre telle qu’on la connaissait jusqu’alors. Les artistes revenant de la première guerre mondiale ne peignèrent en aucune façon de nobles assauts contre les positions ennemies, encore moins des charges de cavalerie courageuses ou des manoeuvres rusées. Au contraire, ils révélèrent l’horreur de perdre des amis par les attaques de gaz, les charges de tanks et les moments terribles passés dans les tranchées, constamment sous le feu de l’artillerie ennemie. D’une certaine façon, cette guerre mondiale entraîna la fin de la glorification de la guerre.

Néanmoins, l’art de la guerre n’a pas totalement disparu. Bien que de nos jours le public croit davantage dans les photographies, la glorification n’a plus lieu. La critique est devenue le principal but de tout art dérivé de la guerre. Les artistes enrôlés dans ce processus existent toujours et partagent leur expérience de la guerre, d’une manière artistique, avec ceux qui désirent voir et écouter. « L’art de la guerre » a aussi changé. Tout d’abord la guerre froide, dans la seconde partie du XXe siècle, puis la guerre contre le terrorisme, ont davantage modifié la nature des conflits – bien que les causes des guerres sont largement demeurés les mêmes : haine ethnique, intérêts économiques, intervention abusive et ferveur religieuse mal guidée. Les avancées technologiques ont de même rendu nul et dépourvu de sens ce qui était auparavant vrai dans la guerre. Que reste-t-il alors de l’art de la guerre originel ? Ceci : « La guerre est une question de vie et de mort […] »
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