Les échos du passé : A la découverte des trésors de l’Asie centrale
Le texte ci-dessous est l’extrait du livre L’art de l’Asie Centrale (ISBN: 9781783108954) écrit par Vladimir Loukonine et Anatoli Ivanov, publié par Parkstone International.
Après une longue période s’ébaucha un renouveau artistique qui aboutit, au XVe siècle, sous le règne de Tamerlan et des Timourides, à la construction de ce que le patrimoine d’Asie centrale connait aujourd’hui de plus fastueux : les édifices qui nous sont parvenus se caractérisent par leur aspect décoratif et la richesse des couleurs des ornements vernissés. La palette de ces revêtements de céramique devint de plus en plus variée, avec une prédominance bleue turquoise.
Sous Tamerlan, pendant la décennie 1470, Samarcande connut un grand développement dans le domaine de la construction, ce qui témoigne de la puissance du gouverneur. Les édifices de cette époque se distinguent par une conception monumentale, destinée à frapper le regard et le coeur du peuple. La gamme des techniques décoratives – briques vernissées, carreaux de majolique et terre cuite sculptée – relevait d’une grande maîtrise artistique.

Parallèlement aux édifices destinés au culte, on éleva également des bâtiments destinés au confort de la population : tims et takis (galeries à coupole) pour le commerce, caravansérails, bains publics, ponts et sardobas (réservoirs d’eau). Ces édifices sont de taille plus modeste et le revêtement décoratif qui leur est appliqué plus sobre. Cette tradition se poursuivit pendant deux siècles, sous les dynasties ouzbèkes des Chéibanides et des Ashtarkhanides. Mais l’affaiblissement des liens économiques et politiques extérieurs de l’Asie centrale, par ailleurs en proie à des guerres féodales intestines, conduisit à une grave crise sociale à la fin du XVIIIe siècle.
L’activité culturelle de toute la région s’en ressentit, à l’exception du khanat de Khiva, dont les conditions économiques et politiques lui étaient demeurées favorables. Ce n’est qu’au cours du siècle suivant, sous l’émirat de Boukhara et les khanats de Khiva et de Kokand, que la culture connut son nouvel âge d’or. C’est à cette même époque, tandis que ces deux khanats étaient intégrés à l’Empire russe, que les territoires de l’Asie centrale prirent les noms de « Turkestan » et de « Province transcaspienne ».





Au gré des invasions successives, l’activité créatrice connut tantôt des périodes d’essor fastueux, tantôt des périodes de déclin. Mais, de manière générale, l’on constate que ce fut dans les domaines de l’architecture, de l’artisanat et de l’enluminure des manuscrits que les bâtisseurs et les artistes ouzbeks, turkmènes, tadjïks et khirgiz donnèrent le meilleur d’eux-mêmes.
Après la révolution d’Octobre, l’Asie centrale fut intégrée à la république autonome socialiste soviétique du « Turkestan ». Plus tard, conformément aux principes de la politique nationale léniniste, celui-ci fut divisé en quatre Républiques soviétiques indépendantes. À la chute de l’URSS, les ex-Républiques soviétiques furent integrées, à des degrés divers, dans la « Communauté des Etats Indépendants » (CEI). De nouvelles formes d’art apparurent à cette époque, telles que la peinture de chevalet, les arts graphiques et la décoration théâtrale. Quant à la peinture monumentale et à la sculpture, abandonnées depuis des lustres, elles connaissaient un renouveau encourageant.
Une impulsion puissante fut également donnée au développement des arts appliqués traditionnels, où la modernité se conjugue avec l’héritage d’un lointain passé toujours présent.

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