Ilya Répine
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Ilya Répine : capturer l’âme de la Russie sur toile

Le texte ci-dessous est l’extrait du livre Ilya Répine (ISBN: 9781783102563), écrit par Grigori Sternin et Jelena Kirillina, publié par Parkstone International.

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Un trait caractéristique du talent de Ilya Répine – sa quête constante de nouvelles techniques capables de conférer à son art richesse et profondeur – est également visible dans ses premières oeuvres d’un genre très différent et directement inspirées directement de la vie réelle. Les Bateliers de la Volga, tableau auquel Répine travaille longuement, en est un exemple éloquent.

Les Bateliers de la Volga est le premier tableau que Répine peignit après avoir terminé ses études à l’Académie des beaux-arts. Cette oeuvre fut aussitôt acclamée par ses contemporains et notamment Feodor Dostoïevski et Vladimir Stassov. Elle témoignait en effet des plus précieuses qualités de la production artistique de l’intelligentsia progressiste russe : le sentiment de la responsabilité de l’artiste envers le sort du peuple et la destinée historique de la patrie. C’est cette position qu’adopta Ilya Répine en tant qu’artiste et citoyen concerné qui confère à son oeuvre ce caractère distinctif que l’on retrouve aussi bien dans ses toiles monumentales que dans ses plus modestes études et esquisses et jusqu’à ses croquis.

Le Départ de la recrue, 1879, Ilya Répine
Le Départ de la recrue, 1879. Huile sur toile, 143 x 225 cm. Musée d’État Russe, Saint-Pétersbourg.

D’ailleurs, lorsque l’on évoque cet aspect de l’oeuvre de Ilya Répine, il est plus juste d’évoquer, non la seule version finale de l’oeuvre mais toute la série de travaux picturaux et graphiques. Au cours de son travail sur ce tableau, qui dura plusieurs années, le jeune peintre fit plus d’un séjour sur les bords de la Volga où il observa la vie des hommes venus de tous les coins de la Russie pour pratiquer le dur métier de batelier. Il s’attarda aussi devant d’autres motifs secondaires, teintés ceux-là de romantisme, tels le combat de l’homme contre les puissants éléments de la nature.

Portrait de l’écrivain Nathalia Nordmann-Severova, 1905, Ilya Répine
Portrait de l’écrivain Nathalia Nordmann-Severova, 1905. Huile sur toile, 96,5 x 68,5 cm. Musée d’État Russe, Saint-Pétersbourg.

Les esquisses et les études préparatoires que Répine créa pour Les Bateliers de la Volga révèlent une particularité de la genèse des oeuvres du jeune peintre, particularité qui devint plus tard une des principales caractéristiques de la démarche suivie par Ilya Répine pour réaliser ses toiles. Tantôt, à l’origine de l’ oeuvre conçue par l’artiste, se trouve une impression produite par une chose vue – c’est le cas des Bateliers de la Volga -, tantôt apparaît le thème d’un futur tableau à la suite de longues méditations sur l’histoire de la Russie ou la destinée sociale et religieuse de l’individu. Mais, dans les deux cas, la logique de l’évolution du sujet d’une part, et la logique des caractères humains de l’autre, tout en constituant la conception plastique du tableau, obligent le peintre à produire plusieurs versions d’un même tableau, induisant des changements d’ordre aussi bien technique que du contenu. Dans Les Bateliers, qui fut réalisé à la limite de deux décennies de l’histoire de la peinture russe se distinguant l’une de l’autre par leurs conceptions sociales et esthétiques, cette particularité de la méthode de Ilya Répine se manifeste avec la franchise ostentatoire de la jeunesse.

Portrait de Pavel Trétiako, Fondateur de la Galerie d’état Trétiakov, 1883, Ilya Répine
Portrait de Pavel Trétiako, Fondateur de la Galerie d’état Trétiakov, 1883. Huile sur toile, 98 x 76 cm. Galerie d’État Trétiakov, Moscou.

La version définitive du tableau témoigne du long chemin que le peintre a parcouru depuis l’idée initiale qu’il en avait, qui était d’exprimer une simple compassion à l’égard des bateliers, jusqu’à la révélation des traits essentiels du réalisme russe des années 1870-1880. Le travail de forçat n’a pas effacé, mais plutôt souligné les traits individuels de chacun des personnages représentés. Dans le chef des bateliers – le haleur Kanine -, le peintre voit un héros semblable au philosophe antique vendu en esclavage : tel est le respect qu’il éprouve à l’égard du monde intérieur de ces hommes, telle est sa foi dans la force spirituelle de l’homme accablé, mais non brisé. Ilya Répine s’essaya à plusieurs variantes pour représenter le motif principal du tableau, celui du mouvement lent et épuisé des hommes, et trouva finalement un arrangement dans lequel les bateliers marchant sur le rivage sablonneux dominent l’immense étendue du paysage volgien. Il est vrai que le peintre a obtenu ce résultat en utilisant des moyens quelque peu simplifiés pour agencer la composition de la toile, mais le but primordial que s’est fixé l’artiste est clair.

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