L'Art de la Chine
Art,  Français

Les murs inspirent, les toits aspirent, l’art chinois ne se lassera jamais

Le texte ci-dessous est l’extrait du livre L’Art de la Chine (ISBN: 9781783108558), écrit par Stephen W. Bushell, publié par Parkstone International.

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Le type unique de conception que les Chinois imposent aux bâtiments publics ou privés, a persisté à travers toutes les périodes de l’histoire chinoise. Lors même que l’influence bouddhique ou musulmane introduisit des modèles nouveaux, leur originalité vint graduellement se fondre dans le canon primitif. La règle essentielle de la géomancie qui oriente tout édifice important vers le sud, ajoute encore à cette uniformité d’aspect.

Celui-ci – le t’ing – comporte avant tout un toit recourbé posé sur de courtes colonnes. Il dériverait, dit-on, de l’antique tente nomade, aux courbes et aux angles relevés. Mais cette opinion nous reporte à une antiquité bien douteuse, car nous ne possédons aucun document qui nous montre les Chinois autrement que comme un peuple agriculteur et sédentaire.

Le toit est donc la partie capitale de l’édifice et lui donne son caractère. L’ architecte chinois le construit quelquefois à double ou à triple étage. Il le recouvre de tuiles vernissées aux couleurs éclatantes, jaunes, vertes et bleues, et le décore d’une profusion d’animaux fantastiques. Cette ornementation n’est d’ailleurs jamais laissée au hasard ; des lois somptuaires très strictes la déterminent afin d’indiquer le rang social du propriétaire de la maison ou la fondation impériale du temple.

Les murailles de la ville de Xian, cité impériale des Tang, 1370-1378, art chinois
Les murailles de la ville de Xian, cité impériale des Tang, 1370-1378. Qian Xian.

Le poids considérable du toit nécessite l’emploi de colonnes très nombreuses. Elles sont en bois, le plus souvent cylindriques, jamais cannelées ; le chapiteau est généralement carré, ou quelquefois sculpté en tête de dragon ; le piédestal, bloc de pierre carré, ne doit pas dépasser en hauteur le diamètre de la colonne ; quant au fût, sa longueur ne peut être supérieure à son propre diamètre multiplié par dix. Les colonnes des temples et des palais de Pékin sont tirées d’énormes troncs de cèdres blancs (persea nanmu), provenant de la province du Sseu-tch’ouan et qui descendent le cours du Yang tseu par le procédé du flottage.

Le cèdre est parmi les arbres chinois, le plus grand et celui qui pousse le plus droit. C’est un bois dont le grain gagne à vieillir ; il acquiert peu à peu une belle nuance feuille morte, et son odeur aromatique est telle qu’on peut la retrouver encore dans les piliers de cèdres blancs de la salle du Ling’en de l’empereur Yong-lo, datant du début du XVe siècle.

La Grande Muraille (Badaling), XVIe siècle, art chinois
La Grande Muraille (Badaling), XVIe siècle. Badaling, Nord de Pékin.

L’ éclat des piliers provient de la présence du vermillon et de l’or, mais c’est le toit qui attire le plus l’attention aussi bien vu de l’extérieur que de l’intérieur. Les poutres sont décorées de superbes marqueteries de couleur, le plafond est divisée de façon géométrique en panneaux concaves travaillés en relief et lacquée avec des dragons et d’autres motifs harmonieux.

En réalité, toute la solidité d’un monument dépend de sa charpente. Les murs, bâtis en brique et même en pierre, n’ont d’autre utilité que de servir de cadre à des portes et à des fenêtres artistiquement sculptées.

La porte de l’Harmonie Suprême, XVe siècle, art chinois
La porte de l’Harmonie Suprême, XVe siècle. La Cité Interdite. Pékin.

Les édifices chinois ont rarement plus d’un étage ; ils ne se développent guère en hauteur. Leur surface augmente avec leur importance. C’est le principe de la symétrie qui règle leur plan ; il s’applique avec rigueur aux ailes du bâtiment, aux cours, aux avenues, aux pavillons et jusqu’aux motifs de décoration. Les résidences d’été seules échappent à cette règle, qui fait place à la plus capricieuse fantaisie ; et l’on peut voir alors des ailes détachées, des kiosques élevés à l’aventure, des pavillons jetés au hasard, parmi des rocailles, des lacs, des cascades et des eaux courantes enjambées par des ponts inattendus.

La vieille ville de Lijiang est une cité bien préservée de la minorité ethnique des Naxis dont la culture reste encore vivace. C’est la ville principale des Naxis dans la province du Yunnan. Les caractéristiques des bâtiments de la ville sont le résultat d’un mélange culturel qui incorpore des éléments architecturaux des Han, des Bai et du Tibet pour créer le style unique des Naxis. Tous les temples sont construits sur les sites les plus favorables en suivant en cela les règles du Fung shui. Un système basé sur la géomancie qu’utilisent les Chinois. Au niveau architectural, le toit est la caractéristique essentielle marquée par une forte inclinaison, celui est le plus souvent vert ou jaune. Les poutres sont décorées de figures en porcelaine qui représentent des divinités ou des symboles figurant de bons présages comme des dragons ou des carpes.

L’autel du ciel (Yuan Qiu Tan), Temple of Heaven, 1530, art chinois
L’autel du ciel (Yuan Qiu Tan), Temple of Heaven, 1530. Pékin.

Les ruines sont rares en Chine ; on doit s’adresser aux livres et aux reproductions pour avoir quelque idée de l’architecture ancienne. Les premiers édifices importants dont on trouve la description dans les vieux livres canoniques sont des sortes de tours fort imposantes appelées t’ai ; elles étaient généralement carrées et bâties en pierre ; leur hauteur atteignait parfois quatre-vingt-dix mètres, si bien qu’on a pu reprocher leur construction aux anciens rois comme des folies ruineuses. Il y avait trois sortes de t’ai ; les uns servaient de dépôts pour les trésors ; d’autres, bâtis à l’intérieur d’un parc de chasse entouré de murs, permettaient de suivre des yeux les exercices militaires et les plaisirs de la chasse ; les troisièmes, – les Kouan siang t’ai, – étaient destinés aux observations astronomiques.

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