De l’argile à la clarté : l’art de la porcelaine chinoise
La Chine est un État à parti unique dirigé par le Parti communiste chinois (PCC). Le président Xi Jinping exerce un pouvoir concentré en tant que chef de l’État et chef du parti. Le système politique privilégie la stabilité, l’unité nationale et la prospérité économique tout en exerçant un contrôle strict sur la dissidence politique, les médias et la société civile. Récemment, le gouvernement s’est concentré sur le renforcement de la direction du parti, la résolution des problèmes économiques, l’affirmation du rôle mondial de la Chine et la recherche d’un équilibre entre le contrôle de l’État et le développement continu. Cependant, la Chine possède d’autres atouts, notamment dans le domaine artistique. Penchons-nous de plus près sur la porcelaine.
Le texte ci-dessous est l’extrait du livre L’Art de la Chine (ISBN: 9781783108558), écrit par Stephen W. Bushell, publié par Parkstone International.
La porcelaine fut certainement une invention chinoise. Il semble qu’en Angleterre on ait voulu reconnaître cette vérité en adoptant le mot china comme synonyme de porcelaine. Mais il y a mieux : la Perse, seul pays auquel certains auteurs aient pu avec quelque vraisemblance attribuer l’origine de ce produit, et où en tout cas la porcelaine chinoise fut connue et imitée depuis des siècles, la Perse donne au mot chini un sens analogue.
Nous devons à Brongniart une classification scientifique des produits céramiques. Avant d’entrer dans le détail de leur étude, et pour délimiter nettement notre terrain, il sera peut-être bon de définir ici la porcelaine et de rappeler ses caractères distinctifs.
La porcelaine doit être formée d’une pâte blanche, translucide et dure : l’acier ne peut pas la rayer ; on exige qu’elle soit homogène, sonore et vitrifiée ; sa cassure sera concave, d’un grain fin et d’un aspect brillant. Ces qualités rendent la porcelaine imperméable et capable de résister à la gelée, même en l’absence de toute glaçure.

Ses deux caractères essentiels sont la translucidité et la vitrification. Si l’un d’eux se trouve faire défaut, nous avons affaire à une autre sorte de poterie ; la pâte possède-t-elle toutes les autres propriétés, à l’exception de la translucidité : c’est un grès ; n’est-elle pas vitrifiée : elle rentre dans la catégorie des faïences.
Les Chinois donnent à la porcelaine le nom de ts’eu. C’est dans les livres de la dynastie des Han (206 av. J.-C-220 apr. J.-C.) que l’on trouve pour la première fois ce caractère ; il s’applique à une poterie dure, compacte, au grain serré (t’ao), remarquable par le son clair et musical qu’elle rend lorsqu’on la frappe et par le fait qu’un couteau ne peut la rayer.
Il semblerait que les Chinois n’attachent pas grande importance à la blancheur de la pâte, ni à sa translucidité ; certaines pièces, que l’on range cependant dans la catégorie porcelaine, peuvent manquer de ces deux qualités quand la fabrication en est grossière.
La porcelaine se divisent en deux classes : les pâtes dures, formées des seuls éléments naturels qui servent à composer la matière cérame, et de la glaçure ; les pâtes tendres, combinaisons artificielles d’éléments divers agglomérés par l’action du feu. et dans lesquelles le mélange appelé fritte se substitue à la roche naturelle.
Aucune porcelaine à pâte tendre, telle que nous venons de la définir, n’ayant jamais été faite en Chine, nous pouvons négliger de nous en occuper davantage.

Toutes les porcelaines chinoises sont à pâte dure. Elles contiennent deux éléments essentiels, l’argile blanche ou kaolin, élément onctueux et infusible qui donne à la pâte sa plasticité, et une roche feldspathique ou petouentse, fusible à température élevée, qui donne à la porcelaine sa transparence.
L’ opinion générale admet que la porcelaine apparut tout d’abord en Chine ; mais les autorités different de beaucoup quant à la date de son apparition.
Les Chinois l’attribuent à la dynastie des Han ; un nouveau Caractère, ts’eu, fut alors forgé pour désigner vraisemblablement une substance nouvelle. Le mémoire, officiel, sur « l’Administration de la porcelaine », contenu dans la topographie de Fou-Ieang, dont la première édition parut en 1270, relate que, selon la tradition locale, les fabriques de céramique de Sin-p’ing (nom ancien de Fou-leang) furent fondées au temps de la dynastie des Han et ont fonctionné durant des siècles.
Ce point est confirmé par T’ang Ying, le célèbre directeur des Poteries impériales, nommé en 1728, qui affirme dans son autobiographie que d’après ses propres recherches la porcelaine fut fabriquée en premier lieu sous la dynastie des Han, à Tch’ang-nan (King-tö-tchen) dans le district de Fou-leang. Ce que nous savons des industries de cette époque rend cette théorie plausible dans une certaine mesure ; étant donné que l’on importait alors de Syrie et d’Égypte des quantités de verreries, il semble naturel que des expériences aient été tentées dans les poteries chinoises pour produire des objets analogues.

L’ éminent critique d’art japonais, Kakasu Okakura, dans son ouvrage Ideals of the East, avance d’autre part l’idée que les alchimistes de la dynastie des Han, au cours de leurs longues recherches pour trouver l’élixir d’immortalité et la pierre philosophale, ont pu de façon ou d’autre arriver à cette découverte ; il en vient à la conclusion suivante, « que nous pouvons attribuer l’origine de la merveilleuse glaçure de la porcelaine de Chine à leurs découvertes accidentelles. ».
Sous la dynastie des Wei (221-264) qui fut contemporaine de la petite dynastie des Han (époque des trois royaumes), il est question pour la première fois d’un céladon verni fabriqué à Lo-yang pour l’usage du palais. Sous la dynastie des Tsin (260-419), nous voyons mentionner la porcelaine bleue, fabriquée à Wen-Tcheou, dans la province de Tchö-Kiang, qui donna naissance aux vernis bleu ciel teintés de cobalt, si fameux par la suite. La courte dynastie des Souei (581-617) se distingue par une espèce de porcelaine verte (lu ts’eu) inventée par un Président du ministère des Manufactures, nommé Ho Tcheou, pour remplacer le verre vert dont la composition avait été perdue depuis son introduction par des artisans de l’Inde septentrionale en 424 après Jésus-Christ.

Pendant ce temps, la production céramique de la province du Kiang-si dut faire de grands progrès, car on rapporte dans la topographie de Fou-Leang qu’au début du règne du fondateur de la dynastie des T’ang, T’ao Yu, originaire du district, apporta à la capitale du Chàn-si une grande quantité de porcelaines qu’il offrit à l’empereur comme « une imitation de jade ». Dans la quatrième année (621 après Jésus-Christ) de ce règne, le nom du district fut changé en Sin-p’ing, et un décret ordonna à Ho Tcheng-Tcheou et aux autres potiers de faire régulièrement des envois de porcelaine au palais impérial.
Pour mieux connaître L’Art de la Chine, poursuivez cette passionnante aventure en cliquant sur :
Vous pouvez voir notre titre « Porcelaine chinoise » ci-dessous :
Explorons notre collection d’art asiatique :



De plus, vous pouvez admirer des œuvres d’art chinoises et asiatiques dans les expositions suivantes :
- Peinture et calligraphie chinoises : une sélection de la collection du the MET (Metropolitan Museum of Art) (jusqu’au 31 mai 2026)
- Galeries chinoises du Philadelphia Museum of Art (en cours)
- Mythique, divin, démoniaque : l’imagerie animale dans l’art sud-asiatique du Philadelphia Museum of Art (en cours)
- Galeries des arts asiatiques du Denver Art Museum (en cours)
- Touching the Divine : Amour et dévotion dans l’art asiatique du Art Gallery of South Australia (28 février – 26 avril 2026)




