Un dessin humoristique publié dans The Tatler Magazine, 14 décembre 1927
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La genèse du mystère Dracula pour Halloween effrayant

Un homme âgé et grand, rasé de prés à part une longue moustache blanche, habillé en noir de la tête au pied, sans la moindre trace de couleur.

Son visage était fortement — très fortement — aquilin, avec un nez à l’arête haute et aux narines étrangement courbées ; un front haut et bombé, et une chevelure clairsemée autour des tempes, mais abondante ailleurs. Ses sourcils étaient très épais, se rejoignant presque sur le nez, sa chevelure touffue semblait se recroqueviller dans son abondance. La bouche, pour ce que je pouvais en voir sous la lourde moustache, semblait immobile et plutôt cruelle, avec des dents blanches et étrangement pointues sortant par dessus les lèvres, don’t la couleur très rouge démontrait une vitalité étonnante pour un homme de son âge. Pour le reste, ses oreilles étaient très pales et très pointues en haut ; le menton large et fort et les joues fermes bien que maigres. L’impression générale qui s’en dégageait était celle d’une pâleur extraordinaire.

Le texte ci-dessous est l’extrait du livre Dracula (ASIN: B07H5DB8LN), écrit par Elizabeth Miller, publié par Parkstone International.

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Lire la partie 1 ici

Bram Stoker, l’auteur de Dracula, est né à Clontarf prés de Dublin, en Irlande, en 1847. Enfant maladif, il semble avoir passé beaucoup de ses sept premières années de vie au lit. A cette époque, sa mère lui racontait pendant des heures des histoires et des légendes de son Sligo natal, y compris des récits sur une épidémie de choléra.

Il publia alors son premier livre, The Duties of Clerks of Petty Sessions in Ireland (1879) (Les Devoirs des Employés du Tribunal d’Instance en Irlande), un livre qui était, selon ses propres déclarations ultérieures “as dry as dust.” (“aussi sec que la poussière”).

Dracula
Dracula

Pendant sa période dublinoise il publia aussi occasionnellement des nouvelles, et une série en dix parties : “The Primrose Path” (“Le Chemin de Velours”) en 1875, et rédigea des critiques théâtrales pour un journal de Dublin. L’une d’entre elles, une critique du Hamlet d’Henry Irving, eut pour conséquence une rencontre avec le célèbre comédien anglais, il s’en suivit une amitié et une relation d’affaire qui devait durer jusqu’à la mort du comédien en 1905.

Mais l’influence la plus importante fut celle d’Irving lui-même. Finalement Stoker écrira des détails sur son idole dans Personal Reminiscences of Henry Irving (Souvenirs personnels d’Henry Irving ) (1906), un hommage chaleureux à l’homme pour qui il ressentait de l’affection et de la loyauté. De leur première rencontre, Stoker écrira : “A partir de cette heure là commença une amitié aussi profonde, aussi proche et aussi longue que possible entre deux hommes” (1:33).

Malgré des théories contraires, des témoignages confirment que les sentiments que Stoker éprouvait pour Irving relevaient essentiellement du culte du héros : “mon amour et mon admiration pour Irving étaient tels que rien de ce que je pourrais dire aux autres — rien de ce que je peux me rappeler — ne pourrait diminuer sa valeur” (2:341). Bien que mieux connu pour Dracula, Bram Stoker était l’auteur de plusieurs autres romans et nouvelles, don’t Audelà du Crépuscule (1882), Le Joyau des Sept Etoiles (1903), La Dame au Linceul (1909), Le Repaire du Vers Blanc (1911), L’invité de Dracula et Autres Histoires Surnaturelles (publié après sa mort en 1914). En plus de Souvenirs personnels d’Henry Irving, ses publications autres que de fiction comprenaient A Glimpse of America (1996) (Un aperçu de l’Amérique) et Famous Imposters (1910) (Imposteurs Célèbres). Il mourut en 1912, seulement cinq jours après le naufrage du luxueux paquebot, Titanic.

Nastase Negrule, 1790 Bataille d’Alexandre de Macédoine contre les Barbares, Dracula, Elizabeth Miller
Nastase Negrule, 1790 Bataille d’Alexandre de Macédoine contre les Barbares, Bibliothèque de l’Académie Roumaine, Bucarest.

Grâce à la découverte des notes de travail de Stoker sur Dracula, il nous est possible de retrouver certaines origines de ce chef d’oeuvre du roman gothique. Vendus aux enchères chez Sotheby en 1913, ces documents furent achetés par le Musée et la Librairie Rosenbach de Philadelphie en 1970.

Le premier nom choisi par Stoker pour son vampire était le Comte Wampyr. Il trouva le nom “Dracula” pendant l’été 1890 dans la ville de Whitby, une station balnéaire sur la côte Nord-Est de l’Angleterre.

Sa source d’inspiration était un livre qu’il avait emprunté à la bibliothèque municipale : An Account of the Principalities of Wallachia and Moldavia (1820) (récit sur les principautésde Valachie et de Moldavie) de William Wilkinson.

Bien que certains prétendent le contraire17, le récit assez imprécis de Wilkinson est la seule source d’information connue de Stoker concernant le Dracula historique.

Fait révélateur, on n’appelle jamais Dracula “Vlad” dans Wilkinson ; en effet, le terme “Dracula” est utilisé indifféremment pour désigner le père (Vlad Dracul) et le fils (Vlad Tsepech).

Aucune allusion n’est faite au penchant de Vlad pour l’empalement, ni aux nombreuses atrocités qu’il a commises. Ce qui semble avoir attiré Stoker est la note de bas de page.

Nosferatu, 1922, Dracula, Elizabeth Miller
Nosferatu victime de la lumière du soleil, Nosferatu, 1922.

Quel meilleur nom pour un vampire qui, comme le confirme la lecture du roman, allait être associé au diable, que le mystérieux nom à consonnance étrangère “Dracula”? Il compléta la maigre documentation provenant de Wilkinson par des bribes de faits historiques tirés de nombreuses autres sources et forgea une “histoire” pour son Comte. Par exemple, le Comte Dracula (à la différence de Vlad) était l’un des “Szekelys” qui, selon Johnson, prétendaient descendre d’Attila et des Huns (205). Le fait qu’un tel détail ne s’applique pas au Dracula historique est sans importance. Bram Stoker n’a jamais eu l’intention de baser son personnage de Comte sur Vlad l’Empaleur.

C’est Dracula qui introduisit vraiment le vampire dans la littérature. Ce roman eut tant d’influence qu’à ce jour que tous les écrivains du genre ont désormais le sentiment d’écrire dans son ombre. Stoker a réussi avec succès à mélanger plusieurs aspects disparates du folklore et des légendes, le roman gothique et les premières histoires de vampire, dans un roman où résonnent les peurs et les angoisses de son époque et de la nôtre.

Ses notes montrent clairement qu’il avait l’intention d’écrire un roman de vampire depuis le début, avant même d’avoir choisi le nom “Dracula” et la Transylvanie. Bien que son Comte Dracula soit le plus célèbre de tous les vampires, ceux-ci étaient déjà bien établis dans la littérature. Peut-être que Stoker connaissait bien Polidori et Rymer et avait lu la traduction de Richard Burton du conte oriental Vikram et le Vampire (publié de nouveau à Londres en 1893). Il connaissait certainement “Carmilla” de son confrère dublinois, Le Fanu.

Timbre poste américain à l’effigie de Bela Lugosi dans le rôle de Dracula, 1997
Timbre poste américain à l’effigie de Bela Lugosi dans le rôle de Dracula, 1997.

La Roumanie est le centre du tourisme sur Dracula. Mais ceci a créé un dilemme intéressant pour les Roumains : comment répondre à cette demande tout en maintenant clairement la distinction entre le vampire littéraire et leur héros national. Ce n’est pas une tâche facile. Confrontés à des centaines de touristes occidentaux qui visitent la Roumanie à cause de leur intérêt pour le Comte Dracula, les Roumains doivent faire face à un défi : comment supporter l’invasion d’un “enfant du pays” qui n’en fut jamais un ? Parfois, la situation devient embarrassante. Par exemple, comment les officiels ont-ils traité l’inévitable demande des touristes de visiter le “Château Dracula” ? Pendant des années, on les a envoyés à maintes reprises au mauvais endroit — le Château de Bran.

C’est, évidemment, une pure création de l’imagination de l’auteur irlandais, ajoutée à une pale notation sur une vieille carte. Mais aujourd’hui, spécialement pour les touristes qui veulent découvrir le Dracula littéraire, l’Hôtel du Château Dracula les attend.

Ouvert au début des années 1980, il offre une vue panoramique sur des prés, des pentes boisées et des montagnes lointaines. Le plus important pour les touristes occidentaux sur la piste de Dracula est qu’il est situé dans la région choisie par Stoker.

Beaucoup de roumains sont soucieux de promouvoir leur pays en tant que “Pays de Dracula” et ils ont de bonnes raisons ! Les guides touristiques doivent faire face à des touristes mal informés qui soutiennent que Vlad Dracula était un vampire et que le Comte Dracula est enterré à Snagov. Ce problème peut cependant être résolu en fournissant des guides touristiques cultivés, connaissant bien les deux Draculas.

Emblème du premier congrès mondial sur Dracula en Roumanie, mai 1995
Emblème du premier congrès mondial sur Dracula en Roumanie, mai 1995.

La Roumanie n’est pas la seule destination des passionnés de Dracula. Pour ceux qui s’intéressent davantage à Bram Stoker et à son roman, la ville de Whitby représente un plus grand attrait. Non seulement Stoker connaissait bien la ville (il y mena une partie de ses recherches sur Dracula), mais elle joue un rôle important dans le roman. Whitby est l’endroit où le bateau transportant Dracula vers l’Angleterre échoue ; Whitby est la ville où le Comte débarque sous la forme d’un gros chien et où Lucy Westenra rencontre le vampire pour la première fois dans le cimetière. Aujourd’hui, avec le décor impressionnant des ruines de l’Abbaye de Whitby, la ville ressemble beaucoup à ce qu’elle était dans les années 1890…

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