Poème de Gon Chunagon Masafusa (Oe no Masafusa), 1835
Art,  Français

Hokusai – Les artistes japonais les plus reconnus internationalement, un maître de l’art Ukiyo-e

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Le texte ci-dessous est l’extrait du livre Hokusai (ASIN: B00KHLOZBC), écrit par Edmond de Goncourt, publié par Parkstone International.

Le talent de Hokusai a traversé depuis longtemps terres et mers, jusqu’en Europe. Mais son travail, si original, si divers et d’une telle profusion, reste encore trop méconnu. Il est vrai que, dans la patrie même de l’artiste, si la popularité de ce dernier a toujours été immense, ses fluvres n’ont pas été accueillies avec la même ferveur par l’académie et par les lettrés, que par le peuple japonais. Ne lui a-t-on pas reproché, de son temps, de ne faire que de la << peinture vulgaire >> ? Alors que peu d’artistes ont su puiser dans le potentiel des techniques et des méthodes du dessin, comme il l’a fait. Quel artiste peut se targuer de savoir faire un dessin avec les ongles ou avec les pieds ou encore de la main gauche (lorsque l’on est droitier) ou à l’envers, d’une virtuosité telle, qu’il semble avoir été tracé de la manière la plus conventionnelle ?

Hokusai illustra seul plus de cent vingt ouvrages, dont l’un, le Suiko-Gaden, compte quatre-vingt-dix tomes ; il a collaboré à une trentaine de volumes : les livres jaunes, des livres populaires, d’abord ; des promenades orientales et occidentales, des coups d’flil aux lieux célèbres, des manuels pratiques pour décorateurs et artisans, une vie de Sakyamuni, une conquête de la Corée, des contes, des légendes, des romans, des biographies de héros, d’héroïnes, des trente-six et des cent poètes, avec des recueils de chansons et de multiples albums d’oiseaux, de plantes, de patrons à la mode nouvelle, par des livres d’éducation, de morale, d’anecdotes et de croquis fantaisistes ou d’après nature.

Deux Femmes marionnettistes, vers 1795, Hokusai
Deux Femmes marionnettistes, vers 1795. Surimono, nishiki-e (gravure sur bois polychrome). Collection privée, Royaume-Uni.

Hokusai a tout abordé, tout réussi. Il fut prolixe, varié, génial. Il accumula dessins sur dessins, estampes sur estampes, décrivant avec précision les travaux et les plaisirs de ses compatriotes, le peuple de la rue, celui des champs et de la mer. Il ouvre les portes des enceintes qui cachent de brillantes courtisanes, leurs soieries et broderies. Il épouvante l’observateur avec ses apparitions, ses imaginations fantastiques, les plus terribles et les plus émouvantes. Pour comprendre l’art d’un peuple lointain, très particulier, il ne suffit pas d’apprendre, plus ou moins bien, sa langue, il faut avoir pénétré son âme, son goût, il faut s’être fait l’écolier docile de cette âme et de ce goût.

Celui-ci est, avant tout, fondé sur l’amour, l’extase profonde que ressentirent les artistes à exprimer leur pays. Ils l’ont aimée passionnément ; ils ont chéri sa beauté, sa clarté, ils se sont ingéniés à reproduire sa vie par le cflur. Affection heureuse, travail incessant dont Hokusai est l’un des éminents représentants.

– Léon Hennique

Fleurs-cloches et libellule, de la série des Grandes Fleurs, vers 1833-1834, Hokusai
Fleurs-cloches et libellule, de la série des Grandes Fleurs, vers 1833-1834. Nishiki-e (gravure sur bois polychrome), 26 x 37,5 cm (oban). Collection Clarence Buckingham, Art Institute of Chicago, Chicago.

Les fluvres de Hokusai sont d’une diversité et d’un nombre étourdissants, inscrites dans la tradition japonaise, bien sûr, mais que le maître s’est appropriée et a remodelée de sa main. La peinture japonaise prend traditionnellement trois grandes formes : le kakemono ou le makimono, l’éventail et le dessin pour la gravure, qui a l’apparence d’un dessin de graveur, fait par le maître pour la taille de la gravure en bois. Le dessin, lui-même, est toujours à l’encre de Chine, le peintre n’essayant ses colorations que sur quelques épreuves tirées en noir pour lui et ses amis.

Les kakemonos sont des fluvres de grand format, destinées à être pendues aux murs ; les makimonos sont, eux, des fluvres de petit format faites pour être prises dans une main ; les surimonos, enfin, sont des versions luxueuses d’estampes. Toutes ces fluvres sont exécutées selon une technique d’impression, complexe, élaborée et améliorée au fil de l’histoire de l’estampe japonaise, brillamment utilisée par les artistes de l’Ukiyo-e, qui en portent la beauté et le raffinement à son paroxysme.

Le Pont de bateaux à Sano dans la province de Kozuke (Kozuke Sano funabashi no kozu), de la série Vues pittoresques des ponts célèbres de différentes provinces (Shokoku meikyo kiran), vers 1834. Nishiki-e (gravure sur bois polychrome), 25,4 x 37,2 cm (oban). Musée national des Arts asiatiques – Guimet, Paris.

À partir de la moitié du XVIIIe siècle, les techniques permettent la production de ces épreuves en couleur. L’fluvre de Hokusai se compose d’écrits (textes et poésies) et, surtout, de réalisations picturales sous différentes formes : kakemonos, makimonos, surimonos et illustrations de livres et albums, imprimés en noir ou en couleurs, dont celles, fameuses, de livres érotiques (shungas).

Trois des peintures les plus célèbres d’Hokusai :

La Rivière Tama dans la province de Musashi (Bushu Tamagawa), vers 1831
La Rivière Tama dans la province de Musashi (Bushu Tamagawa), de la série des Trente-Six Vues du mont Fuji (Fugaku sanjurokkei), vers 1831. Nishiki-e (gravure sur bois polychrome), 24,7 x 36,7 cm (oban). Collection Peter Morse.
Sous la Grande Vague au large de la côte à Kanagawa, vers 1830-1832
Sous la Grande Vague au large de la côte à Kanagawa (Kanagawa oki namiura), aussi connu sous le nom La Grande Vague, de la série Trente-Six Vues du mont Fuji (Fugaku sanju-rokkei), vers 1830-1832. Nishiki-e (gravure sur bois polychrome), 25,9 x 38 cm (oban). The Metropolitan Museum of Art, New York.
Vent frais par matin clair (ou Le Fuji rouge) (Gaifu kaisei), vers 1830
Vent frais par matin clair (ou Le Fuji rouge) (Gaifu kaisei), de la série Trente-Six Vues du mont Fuji (Fugaku sanjurokkei), vers 1830. Nishiki-e (gravure sur bois polychrome), 26,1 x 38,2 cm (oban). British Museum, Londres.

En savoir plus sur ses peintures ici :

Katsushika Hokusai

The Sumida Hokusai Museum

Musée national des Arts asiatiques – Guimet, Paris

Bridgeman Art Library

National Gallery of Victoria

Royal Academy of Arts

Musée du Prado

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