Icônes
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La beauté intemporelle des icônes russes

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Le texte ci-dessous est l’extrait du livre Icônes (ISBN: 9781783108589), écrit par Nikodim Pavlovich Kondakov, publié par Parkstone International.

L’admiration excessive pour tout ce qui venait de l’Ouest, très développée parmi les Russes cultivés au XVIIIe siècle, connut un certain infléchissement au moment des guerres napoléoniennes. Le sentiment national atteignit un paroxysme, que soutenait la tendance romantique de la nouvelle littérature russe. Les classes éduquées se laissèrent séduire par un mouvement, appelé Slavophilisme par son versant politique, voué à la conservation et à la restauration des traditions populaires et de toutes les choses anciennes. Des hommes cultivés de haut rang, comme Rumyantsev, Olenin, Evgueni Bolkhovitinov et le métropolite de Kiev, se mirent à réunir les monuments littéraires de l’ancienne Russie, ses chroniques et ses chartes, encourageant l’exploration archéologique des anciens monastères et églises. Les icônes qui suscitaient la plus forte attention, et ce principalement pour des motifs historiques, étaient celles réputées pour les miracles qu’elles engendraient.

La Vierge Eléousa (ou de Tendresse), entourée d’un cadre représentant les fêtes de l’Église, XIIe et XIIIe siècles, Icônes
La Vierge Eléousa (ou de Tendresse), entourée d’un cadre représentant les fêtes de l’Église, XIIe et XIIIe siècles. Argent repoussé sur bois, serti de dorures, 76,5 x 65,2 cm. Musée d’Art de Géorgie, Tbilissi, Géorgie.

Dans les années 1820 et 1830, le nombre d’antiquaires et de collectionneurs augmenta, et c’est à cette époque que l’on posa les fondations des musées historiques d’antiquités russes. L’historien M. P. Pogodin fut un grand collectionneur de manuscrits et d’icônes. L’aspect documentaire de la recherche historique russe fut encouragé par la Société d’Histoire et d’Antiquité de Moscou fondée en 1806. C’est sur cette documentation que reposa l’intégralité du travail d’I. M. Sneguirev consacré à l’histoire des églises et des monastères de Moscou. D’autre part, c’est l’inauguration de la Société archéologique russe à Saint-Pétersbourg en 1846 qui donna la principale impulsion à la recherche archéologique portant sur les objets.

Cette atmosphère fut propice aux quêtes héroïques d’antiquités russes et chrétiennes en tous genres : le célèbre évêque Porfiri Ouspenski découvrit et rassembla les plus célèbres icônes anciennes de la Grèce orientale, V. A. Prokhorov enrichit la collection d’antiquités russes de l’Académie des Beaux-Arts et I. P. Sakharov s’attela à la vaste Enquête sur la peinture d’icônes russe, mais ne parvint pas à produire plus de quelques fragments. Avec son ouvrage L’Art de vivre des tsars et tsarines russes, le célèbre I.E. Zabelin rendit les principales sources écrites accessibles à la disposition de l’archéologie des objets, et fut le premier à publier Documentation pour une histoire de la peinture d’icônes russe.

La Descente de Croix, dernier quart du XVe siècle, Icônes
La Descente de Croix, dernier quart du XVe siècle. Tempera à l’oeuf sur bois de tilleul, 91 x 62 cm. Musée de l’Icône et de la Peinture, Moscou, Russie.

Dans les années 1960, les principales autorités en matière de peinture d’icônes russe étaient G. D. Filimonov et D. A. Rovinski, originaires de Moscou et formés par des peintres d’icônes de Moscou et de Souzdal. Filimonov était prudent dans son travail et ne laissa derrière lui aucune étude générale sur les icônes, à l’exception d’une biographie de Simon Ushakov (m.1873), du texte d’un intéressant Pódlinnik, et du récit d’une excursion dans les villages de la peinture d’icônes. Rovinski fut plus audacieux dans son approche du sujet et produisit une courte Histoire des écoles russes de la peinture d’icônes jusqu’à la fin du XVIIe siècle.

Du nettoyage des icônes découla naturellement l’analyse historique ; celle-ci fut longtemps ignorée aussi lui prête-t-on désormais une attention particulière. Après un minutieux travail, l’icône noircie par la fumée des cierges révèle ses couleurs vives et ses ombres harmonieuses. Maintenant qu’elles ont été nettoyées, la beauté ornementale des grandes icônes du musée Russe est si séduisante que les galeries avoisinantes, dominées par la grisaille généralisée de la peinture moderne, ont l’air terne et déprimant. Auparavant, les murs de ce musée et la grande iconostase de la cathédrale Ouspenski (Assomption) de Moscou n’avaient rien d’autre à offrir que ce que Bunin nomme « icônes, planches noires, médiocres symboles de la puissance divine ». À présent, les planches noircies ont été remplacées par des images restaurées qui attirent l’oeil par leurs taches de couleurs éclatantes et le charme de leurs délicates demi-teintes.

Saint Macaire Ounjenski, entouré de scènes de sa vie, Kostroma, fin du XVIIe-début XVIIIe siècle, Icônes
Saint Macaire Ounjenski, entouré de scènes de sa vie, Kostroma, fin du XVIIe-début XVIIIe siècle. Village de Potchinok, région de Kostroma, Russie. Galerie Tretiakov, Moscou, Russie

Cette révélation soudaine de la face cachée des icônes récemment rafraîchies dans les musées et les collections privées suscita l’attention de la presse, qui se laissa emporter par l’enthousiasme et leur accorda trop de valeur. Les journalistes des magazines ignorèrent l’aspect historique de l’affaire et portèrent aux nues cet « art grandiose, inspiré et magnifique », nouvellement découvert, cet « immense ajout au stock mondial de trésors artistiques » ; une fantaisie libérée de toute critique révélée par la peinture d’icônes ; « un idéalisme libre » qui était supposé « ne connaître ni le temps ni l’espace, vivant au coeur de montagnes et de plaines inconnues, foncièrement séparé par un gouffre géant de l’histoire, de la littérature, de la nature elle-même et de la vie ». Pour contrecarrer ces extravagances, il était impératif de procéder à une évaluation critique d’exemples choisis, en suivant un programme d’investigation déterminé et en utilisant des méthodes scientifiques de comparaison et de classification historique.

Le Martyre de saint Georges, fin XVIIe-début XVIIIe siècle
Le Martyre de saint Georges, fin XVIIe-début XVIIIe siècle. Collection D. Popov.

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