L'Ukiyo-E
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L’Ukiyo-E : Explorer les thèmes du monde flottant japonais

Crédit vidéo : Vidéo de fleurs de cerisier de Kanenori de Pixabay.

Le texte ci-dessous est l’extrait du livre Ukiyo-E (ISBN: 9781785259371), écrit par Woldemar von Seidlitz et Dora Amsden, publié par Parkstone International.

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Le principal sujet représenté dans l’Ukiyo-e est l’Homme, ou pour être plus précis : certains hommes dans des situations précises. L’artiste s’intéresse avant tout à la vie quotidienne, au quartier des f illes de joie de Yoshiwara et enf in au théâtre.

Les aventures et les exploits des héros, au centre de l’art de l’école de Tosa, ne sont plus représentés que par le détour du théâtre. Le monde de la cour est loin.

Le paysage, lorsqu’il est évoqué, n’apparaît toutefois sur les feuillets d’Ukiyo-e qu’en tant que décor dénué de vie. Il ne sert plus que de cadre à l’Homme et il ne dépasse plus cette fonction d’accessoire.

Il est signif icatif que le choix des motifs se porte surtout sur la représentation de scènes tirées de Yoshiwara. L’érotisme joue un rôle si important à la fin de cet te période qu’on peut s’interroger sur l’importance de cet te sphère dans l’imaginaire japonais en général.

Utagawa Toyohiro, Belle Femme au sanctuaire de Mimeguri, vers 1804-1818, l'ukiyo-e
Utagawa Toyohiro, Belle Femme au sanctuaire de Mimeguri, vers 1804-1818. Encre, couleurs et or sur papier, 91,5 x 26,3 cm. The Art Institute of Chicago, Chicago.

L’Erotisme

Tandis qu’ailleurs l’apparition des pulsions sexuelles entraîne un renforcement de la personnalité ou au contraire une plongée dans l’impersonnel animal, au Japon elle signifie dépersonnalisation, disparition de l’individuel au profit de la tradition.

C’est sur ce terrain que se produit la socialisation la plus forte, car les pulsions sexuelles l’amènent à un comportement officiel, conventionnel. C’est en particulier dans les maisons closes, accessibles à tous, que le Japonais de l’époque Tokugawa était en relation avec la coutume et ses contraintes.

Le Théâtre

Le théâtre à l’époque des shoguns Tokugawa avait des fonctions en rapport avec cet état d’esprit. Les portraits réalistes d’acteurs et les scènes des maîtres de l’Ukiyo-e montrent le fort contraste entre cette nouvelle forme de représentation populaire et les cultes sévères des pièces de No du passé. Ceux-ci servaient la forme et la tradition, le rejet des pulsions primitives, tandis que les nouvelles formes avaient pour motif principal la libération des pulsions.

Kikugawa Eizan, Femme au miroir, vers 1820, l'ukiyo-e
Kikugawa Eizan, Femme au miroir, extrait de la série Belles d’Edo, vers 1820. Gravure sur bois en couleurs, 38 x 25,5 cm. Victoria & Albert Museum, Londres.

Les pièces de No courtoises n’ont jamais disparu. Elles ont gardé leur signification pour certains milieux de la cour et de la noblesse, mais ils sont passés de plus en plus à l’arrière-plan culturel. Leur maintien devint en fin de compte affaire de médiévistes et de philologues, tandis que le jeu populaire moderne se développait de plus en plus. Contrairement aux pièces de No agonisantes, c’était un phénomène culturel vivant qui progressait et qui avait le soutien du peuple.

La Position de la femme

La position de la femme à une époque donnée est de la plus grande importance dans le cadre d’une recherche sur l’histoire des religions.

Qu’elle soit un symbole de l’éternel et qu’en tant que tel on lui voue un culte, ou bien qu’elle soit considérée comme un être inférieur et ne soit donc pas autorisée à traiter des affaires sérieuses de l’homme, et en particulier des affaires religieuses, tout cela est lié aux croyances religieuses des esprits de l’époque.

La Relation aux dieux

Face à la profanation qui apparaît dans tous les domaines, il semble naturel que la religion soit abandonnée dans l’Ukiyo-e. Quand des moines bouddhistes sont représentés, on se moque de ces créatures mondaines, dont le refus du profane n’est souvent qu’apparence. Ce qui s’appelait Dieu à cette époque avait déjà bien plus les traits d’un lutin que ceux d’une force sainte. Il n’y avait pas de blasphémie lorsque ces créatures étaient encore et encore représentées par les maîtres de l’Ukiyo-e dans leur drôlerie curieuse et bon enfant.

Au centre de ce groupe de crétatures divines, il y a les sept dieux de la chance. Ces gnomes amusants n’ont formé un groupe qu’assez tard.

Torii Kiyonaga, Festival de l’iris, 1796-1797, l'ukiyo-e
Torii Kiyonaga, Festival de l’iris, extrait de la série Les Jeux des petits enfants des cinq festivals (Kodakara gosetsu asobi), 1796-1797. Gravure sur bois en couleurs, 39,2 x 25,7 cm. Museum of Fine Arts, Boston.

L’Humour

Afin d’insister sur les moments de plaisanteries dans ces domaines, on notera que le Japonais est déjà à la base d’une nature humoristique.

Ce fait est particulièrement important pour l’histoire de la religion. On verra que dans d’autres domaines, le sérieux n’est pas nécessairement garant de signification religieuse.

Le sérieux et la lourdeur ne sont pas des éléments inséparables de toute vie religieuse. On constate bien plus que la surestimation du côté sérieux, parfois sombre, détaché du monde par les sciences traitant de l’histoire de la religion, traduit une attitude psychologique qui relève plus du préjugé subjectif que de la recherche objective et par rapport aux problèmes religieux, elle signifie une transgression très marginale.

Le Démoniaque

La joie n’est qu’une des facettes du tempérament japonais. L’art léger et inoffensif de l’Ukiyo-e révèle parfois lui-aussi des tendances cachées, sauvages qu’il faudra explorer.

Toutes nos représentations du démoniaque sont loin d’atteindre l’effroi infernal qui se dégage du feuillet d’un maître de la gravure gracile et fine.

La mythologie chinoise et japonaise connaît une multitude de diables, démons et mauvais esprits, comme on ne les connaît chez aucun autre peuple.

Katsushika Hokusai, Ramassage de coquillages à marée basse, vers 1832-1834, l'ukiyo-e
Katsushika Hokusai, Ramassage de coquillages à marée basse, vers 1832-1834. Couleurs sur rouleau de soie, 54,3 x 86,2 cm. Musée municipal d’art d’Osaka, Osaka.

La Polarité entre l’homme et la femme

L’opposition entre le sexe féminin et le sexe masculin est perçue de façon très nette chez les habitants d’Extrême-Orient.

C’est comme si quelque chose du dualisme primitif entre Yin et Yang s’était maintenu sous cette forme à travers les époques. Si on observe les oeuvres d’Ukiyo-e de ce point de vue, on note une différence considérable dans la représentation des hommes et des femmes.

Utagawa Hiroshige, Le Jardin de pruniers à Kamata, Février 1857, l'ukiyo-e
Utagawa Hiroshige, Le Jardin de pruniers à Kamata, Février 1857. Gravure sur bois en couleurs, 36 x 24 cm. Brooklyn Museum of Art, New York.

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