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Paul Gauguin

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Le texte ci-dessous est l’extrait du livre Paul Gauguin: écrit par Jp. A. Calosse, publié par Parkstone International.

Son intérêt pour l’art est surprenant pour un employé de banque et plus encore pour un ancien marin. De toute évidence, cet attrait découle directement de l’atmosphère qui régnait chez Gustave Arosa. Passionné de peinture et de photographie, ce
dernier possédait une collection de tableaux de tout premier ordre, et était aussi l’ami de Nadar, caricaturiste et photographe, celui-là même qui prêta son atelier aux Impressionnistes pour y organiser leur première exposition. Il est possible que l’existence de deux artistes dans la famille du côté de sa mère joua également son rôle : l’un était professeur de dessin, l’autre lithographe et graveur. Depuis son enfance, Gauguin était entouré de céramiques espagnoles et péruviennes, de portraits et de tableaux que sa mère lui avait légués mais qui probablement disparurent dans l’incendie de leur maison. Le premier paysage connu de Gauguin remonte à 1871 ; peint à l’huile, il est semblet-il, le résultat des cours de peinture qu’il suivait avec la fille d’Arosa.

Suivant l’exemple de Gustave Arosa et ses inclinations, Gauguin acquiert bientôt une petite collection de tableaux dont le choix artistique est significatif : Manet et Monet, Pissarro et Cézanne, Renoir et Sisley, peintres dont les œuvres étaient encore peu appréciées. L’unique ami de Gauguin parmi ses camarades de bureau est Émile Schuffenecker. Bien qu’il possède un diplôme de professeur de dessin, ce dernier doit pour vivre, travailler à la banque. Ensemble, ils peignent des études et fréquentent le dimanche l’Académie Colarossi, les musées et les expositions, entre autres la première exposition des Impressionnistes.

Gauguin 1
Autoportrait à la palette, vers 1894.
Huile sur toile, 92 x 73 cm.
Collection particulière.

Le lien qui unit Gauguin à l’art et avant tout à la peinture impressionniste, apparaît après sa rencontre avec Pissarro auquel il se lie d’amitié. Le maître lui prodigue des conseils théoriques et pratiques, en particulier lorsqu’ils travaillent ensemble en plein air. Chez Pissarro, Gauguin rencontre Cézanne dont les œuvres et la personnalité retiennent son attention et exercent sur lui une très forte influence. Gauguin n’apprend pas uniquement au contact de Pissarro et de Cézanne. Il cherche par tous les moyens à combler ses lacunes, à acquérir la pratique professionnelle dans différents domaines artistiques. Il ne fait aucun doute que c’est sciemment qu’il recherche le contact avec d’autres artistes.

Tout d’abord, il loue une maison et un atelier chez Jean-Paul Aubé, céramiste et orfèvre ; ensuite chez un sculpteur-marbrier, Jules Ernest Bouillot, où pour la première fois il travaille le plâtre, puis le marbre, pour sculpter les bustes de sa femme et de son fils. En 1876, Gauguin participe au Salon, et sa toile reçoit un écho favorable dans la presse. Dès 1879 il commence à exposer aux côtés des Impressionnistes ; il prend également une part active au travail d’organisation et de recrutement des artistes qui désirent participer aux expositions de leur groupe. Peu à peu, l’art détourne Gauguin des autres intérêts de la vie et lorsqu’en 1883, à la suite d’une crise financière, il est contraint de quitter la banque, non sans plaisir mais avec quelque crainte cependant pour l’avenir, il décide de rompre définitivement avec son ancien métier. Il ne fait aucun effort pour retrouver une situation dans le monde des finances bien que très vite il s’aperçoive que la vie de l’artiste qui désire s’imposer dans l’art — et c’est ainsi qu’il concevait sa vocation, est vouée aux privations et aux déboires.

Gauguin - Van Gogh mentre dipinge
Van Gogh peignant des tournesols, 1888. Huile sur toile, 73 x 92 cm. Rijlksmuseum Vincent Van Gogh, Amsterdam.

Le capital amassé par Gauguin fond rapidement, comme neige au soleil. Il s’installe alors avec sa famille à Rouen dans l’espoir de trouver des clients ; mais comme ces derniers ne se présentent pas, il déménage à Copenhague pour chercher un appui auprès de la famille de sa femme. Ici, le clan familial danois s’efforce en vain de faire entendre raison à l’infortuné parent qui s’est dévoyé. On lui trouve un emploi dans une entreprise de caparaçons et de housses pour chevaux et qui n’enchante pas du tout l’artiste. L’attitude hostile des beauxparents équivaut à une expulsion.

Gauguin - Bambini che lottano
Les Enfants luttant, 1888. Huile sur toile, 93 x 73 cm. Collection particulière, Lausanne.

En été 1885, après six mois passés au Danemark, Gauguin laisse sa femme et ses quatre enfants à Copenhague et retourne à Paris avec son fils âgé de six ans. Il n’a désormais qu’un seul objectif : devenir artiste et pas n’importe lequel. Il veut devenir un grand maître. La première période de Gauguin qui commence les dimanches par l’étude de la technique est intimement liée à l’impressionnisme. Elle est imprégnée des goûts artistiques de Gustave Arosa, des leçons de Pissarro, de ses convictions, et de sa propre persévérance. Adulte, Gauguin se met à peindre ; depuis son enfance, il est habitué à prendre seul ses décisions et c’est pourquoi, il aime dans l’art tout ce qui est hardi, nouveau et audacieux.

Gauguin - Buongiorno
Bonjour, Monsieur Gauguin, 1889. Huile sur toile, 113 x 92 cm. Narodni Galerie, Prague.

Grâce à ses « professeurs » directs ou indirects, Gauguin, formé dès ses débuts dans l’esprit d’hostilité qui régnait au milieu du XIXe siècle envers les canons esthétiques de l’Académie, considère l’art des Impressionnistes comme une lutte contre les lois académiques. Lutte, qui rapidement s’associe chez lui à une révolte contre la bourgeoisie. C’est pour cette raison que Gauguin se qualifiera d’Impressionniste, même après qu’il eut pris conscience d’avoir rompu avec les principes de la peinture impressionniste. Ce changement explique les parallèles que retrace Gauguin dans son Autoportrait dit les Misérables (Rijksmuseum Vincent Van Gogh, Amsterdam ; W. 239), peint dans un style complètement différent, entre lui, les Impressionnistes et le héros du roman de Victor Hugo, Jean Valjean. Pour Gauguin en effet, l’« Impressionniste est un pur, non souillé encore par le baiser putride des Beaux-Arts ». C’est pourquoi il appellera l’exposition de 1889 au café Volpini exposition du « Groupe Impressionniste et Synthétiste », soulignant par là, la protestation des Impressionnistes contre l’art officiel reconnu du Salon.

Gauguin - Faaturama (Donna in abito rosso o Il sogno)
Faaturama (La Femme à la robe rouge ou boudeuse), 1891. Huile sur toile, 94,6 x 68,6 cm.
Nelson–Atkins Museum of Art, Kansas City.

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