L'Art baroque
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Du Bernin au Caravage : les icônes de l’art baroque italien

Crédit vidéo : Arch Architecture de Venise en Italie vidéo de Caelan et Kennel Dresden vidéo du centre historique de Glorydays2012pro de Pixabay.

Le texte ci-dessous est l’extrait du livre L’Art Baroque (ISBN: 9781783103621), écrit par Victoria Charles et Klaus H. Carl, publié par Parkstone International.

L’art baroque est apparu en Italie au cours du XVIIe siècle, caractérisé par ses compositions dramatiques et dynamiques, ses ornements et son intensité émotionnelle. Influencés par les efforts de la Contre-Réforme de l’Église catholique pour évoquer la ferveur religieuse, les artistes baroques ont cherché à interpeller les spectateurs à un niveau viscéral. En architecture, cette époque a donné naissance à des structures grandioses comme la basilique Saint-Pierre de Rome, conçue par Gian Lorenzo Bernini. La peinture baroque s’est épanouie avec des artistes tels que le Caravage, connu pour son utilisation spectaculaire du clair-obscur et du naturalisme. Parallèlement, des sculpteurs comme Gian Lorenzo Bernini et Alessandro Algardi ont créé des chefs-d’œuvre impressionnants qui mettent en valeur les détails complexes et le mouvement. L’art baroque en Italie reste un témoignage du pouvoir de l’émotion, de la spiritualité et de l’innovation artistique qui ont défini cette période vibrante.

Gian Lorenzo Bernini, Saint Longin, 1631-1638, l'art baroque
Gian Lorenzo Bernini, dit le Bernin, Saint Longin, 1631-1638. Marbre, H. : 450 cm. Basilique Saint-Pierre, Vatican.

L’art baroque italien se développa de manière indéniable dans l’architecture et dans la sculpture. Héritier de la Renaissance, il suivit l’esprit de son temps et poussa au maximum l’effet des détails décoratifs, au moyen d’une accumulation de sujets, d’une modification volontaire des formes classiques. En outre, tout ce qui était droit devint courbe, cintré, arqué, tant et si bien que même les colonnes, symbole de stabilité par excellence, se transformèrent, chez le maître baroque Gian Lorenzo Bernini, dit le Bernin, en colonnes torses, forme que l’on ne trouvait que rarement à la fin de la période romane.

Si Rome demeure, aujourd’hui encore, la principale scène baroque en ce qui concerne les églises et les palais, Naples et Palerme, qui doivent leur aspect architectural au XVIIe siècle, n’ont pas à être négligées. Modèle de toutes les églises baroques, l’église du Gèsu fut dessinée par Jacopo Barozzi da Vignola, dit Vignole, successeur de Michel-Ange sur le chantier de la basilique Saint-Pierre, et construite par Giacomo della Porta. Le motif type y est présenté pour la première fois : il s’agit de la liaison entre la nef et le choeur du bâtiment, au moyen de salles immenses et sans égard pour les bas-côtés ; pour ce qui concerne la façade, la silhouette est globalement arquée, tandis que l’arc intérieur des coupoles couronnées est richement peint. C’est dans cette église, avec son autel dédié à saint Ignace de Loyola, fondateur de l’ordre des jésuites, et avec l’ensemble de son architecture, de sa sculpture et de sa peinture que le baroque atteignit son apogée. Tout ce qui fut réalisé au cours des deux siècles suivants, en Allemagne et en Italie, à la faveur de l’Église ou de quelques princes, paraît bien pâle à côté. Le créateur de cet autel, le peintre, maître d’oeuvre et sculpteur Andrea Pozzo était un frère convers jésuite, né à Trente. Il vécut à la fin de l’époque du « plein-baroque » et décora également l’église jésuite de Frascati.

Annibal Carrache, La Galerie des Carrache, 1597-1607/1608, l'art baroque
Annibal Carrache, La Galerie des Carrache, 1597-1607/1608. Fresque. Palais Farnèse, Rome.

À l’origine du baroque se trouvent des hommes, pour qui la mesure était la loi artistique première. On trouve parmi eux Carlo Maderno, qui reprit le chantier de la basilique Saint-Pierre en 1603 après Vignole, et l’architecte du Vatican Domenico Fontana, bâtisseur de la façade du palais du Latran, ainsi que de la colonnade de l’église San Giovanni. Il convient d’ajouter parmi les maîtres, le Bernin, également peintre, maître d’oeuvre et sculpteur, lequel influença considérablement ces disciplines non seulement en Italie, mais indéniablement en Espagne et au nord des Alpes.

Le Bernin fut maître dans le domaine de la réalisation d’espaces immenses dotés de perspectives généreuses. On lui doit notamment la place de la basilique Saint-Pierre, au Vatican, avec sa colonnade, ainsi que la Scala Regia. Puis, après la mort de Maderno, le Bernin termina la façade et le porche et, à l’intérieur, le célèbre baldaquin de bronze qui domine l’autel.

La vitesse à laquelle s’opéra la baisse d’intérêt pour les formes antiques est illustrée par le fait que les contemporains du Bernin réservèrent à cette oeuvre, dont plus rien ne rappelait l’Antiquité, mais qui constituait bien le parfait achèvement d’un art indépendant, un très bon accueil. On doit également au Bernin le Palazzo Barberini avec son escalier majestueux ainsi que plusieurs petites églises.

Michelangelo Merisi da Caravaggio, La Mort de la Vierge, 1601-1605/1606, baroque
Michelangelo Merisi da Caravaggio, dit Caravage, La Mort de la Vierge, 1601-1605/1606. Huile sur toile, 369 x 245 cm. Musée du Louvre, Paris.

Dans la basilique Saint-Pierre, on retouve les principales sculptures religieuses du Bernin, telles que la statue de Saint Longin et les tombeaux des papes Urbain VIII et Alexandre VII, lesquels se distinguèrent par leur soutien inconditionnel aux sciences et aux arts, et qui demeurent aujourd’hui représentés en deux très belles oeuvres. Le pape Urbain VIII, grand amateur d’art, fut celui qui, alors qu’il était cardinal, resta mesuré face à l’épineuse question de Galilée, avant de le faire condamner à la prison à vie en 1632, sous la pression de l’Inquisition.

Mais c’est dans la sculpture décorative que le Bernin se sentait le plus à l’aise, et c’est avec ses fontaines – celle du Triton sur la Piazza Barberini et la fontaine de la Piazza Navona – qu’il le montra le mieux. On note toutefois que ces deux oeuvres, avec leurs références aux divinités des mers et des fleuves, ainsi que ses oeuvres de jeunesse que sont Énée et Anchise, David ainsi qu’Apollon et Daphné à la Galleria Borghese, font référence à l’Antiquité.

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