Français
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Émile Gallé, Chantre de la Nature
Il n’y a pas de chef-d’œuvre sans artiste, tout comme il n’y a pas d’Art appliqué sans Gallé. Né dans une famille d’intellectuels protestants en 1846, l’existence hyper créative de l’artiste à de quoi surprendre les biographes désenchantés. À la fois ébéniste et industriel, maître verrier et théoricien, l’artiste et homme d’affaire français cultiva ses cinquante-huit années avec passions et élégance, semant à travers le monde des œuvres d’art et des pensées révolutionnaires qui changèrent le regard du monde artistique. On pourrait se demander à quelle source Émile Gallé puise toute cette énergie ; à quoi il vous répondrait : « Ma racine est au fond des bois. » À…
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Pour qui sonne le glas
C’était une nuit du mois de juin 1930, jamais Paris n’avait vu poindre aussi vite l’ombre pâle de la peur. Un cri strident déchira l’harmonie des années folles. Un terrible événement venait de se produire qui marquera le déclin des nuits aphrodisiaques de Montparnasse. Il est 5h45, le téléphone sonne. L’inspecteur Moulin m’informe du drame, je dois me rendre de toute urgence sur le lieu du crime. « Crime », rien de certain, il semblerait qu’il s’agisse là d’un suicide, mais il nous faut mener l’enquête. J’enfile mon trench, absorbe mon café et saute dans ma Peugeot 201 qui me transporte jusqu’au lieu de l’accident. Il y a foule devant…
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Turner, encore et encore
Qui dit Turner, dit paysages. Et paysages de nature déchaînée de préférence. C’est sans doute pour ça que Turner est l’un des plus célèbres peintres en la matière, notamment auprès du grand public, et que les expositions qui lui sont consacrées sont toujours un succès. Car la nature qu’il dépeint n’est pas simplement mignonne ou pittoresque. Non, ses tableaux relèvent du Sublime. Ils représentent ce moment où tout est sur le point de basculer. Ils ouvrent un œil du cyclone sur la toile et happent le spectateur au cœur du drame. La facture de Turner est virulente et expressive. Les coups de pinceau ne se cachent pas et trahissent le…
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Les femmes froides des Préraphaélites
Il y a des personnes qui semblent impossibles à fixer, demeurant toujours dans une sorte de flou, d’hésitation permanente face à la vie. Les femmes que peignent les Préraphaélites sont un peu comme ça. Souvent sujets de la toile, elles donnent pourtant l’impression de manquer de consistance. Leurs attitudes et leurs expressions leur confèrent une mollesse générale presqu’exaspérante. Ces tableaux ont choqué l’Angleterre victorienne au 19ème siècle : on trouvait ces femmes laides. Et puis, on n’appréciait guère que certaines d’entre elles soient des prostituées ou des maîtresses de bas étage (Hunt, The Awakening conscience, 1853). Cela ne collait pas avec la bienséance et la morale victorienne. Mais les Préraphaélites n’aspiraient…
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Voyages au Royaume de Perse
Pour fêter nos retrouvailles, mon amie me tend un livre en guise de cadeau. Mes yeux caressent le titre et un sourire s’esquisse sur mon visage : Miniatures Persanes. En le feuilletant, je fais la découverte d’une culture artistique opulente et gracieuse. Calligraphies et enluminures enchantent cet ouvrage. La finesse des écritures et le charme des peintures me transportent dans le royaume de Perse et je m’oublie quelques instants dans mes souvenirs lointains. C’était un soir, à la fin de la période estivale. Perdue dans les rues de Téhéran, je marchais enivrée des doux parfums d’Orient. Au croisement d’une rue, une musique pop-rock séduisit ma curiosité et m’entraina dans un…
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L’opium, l’air de la guerre
Le mot « opium » évoque à lui seul un univers mystérieux, une aventure ténébreuse dans un monde parallèle. Utilisé pour ses vertus médicinales ou bien à des fins rituelles, mais aussi bien pire des poisons, l’opium a le privilège de devenir bientôt nécessaire à qui s’y essaie. Rapidement source de commerce entre l’Angleterre et la Chine impériale, l’opium provoqua un conflit international (plus communément appelé « Guerres d’opium ») qui entraîna l’ouverture de la Chine mais aussi son effondrement. En Indochine Française, les Français comprirent le parti financier que l’on pouvait tirer de l’opium qui se vendait à guichet ouvert et créèrent un monopole de l’opium appelé « ferme…
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Van Gogh : de Hollywood au festival de Cannes
Le 18 juillet 1944, le général S.S Tanz, héros de la campagne de Russie et nettoyeur de Varsovie, pénètre dans le musée de l’Orangerie à Paris. En effet, depuis 1940, les services allemands réquisitionnent les œuvres d’art, tant auprès des collectionneurs juifs que lors de pillages méthodiques. Dans ce musée, une salle est alors réservée à l’art « dégénéré » selon la définition nazie. Là se côtoient des tableaux de Toulouse-Lautrec, Chagall, Kandinsky et autres. Parmi ces chefs-d’œuvre, le général Tanz aperçoit un autoportrait de Van Gogh. A sa vue, le général est pris de sueur, son visage se tord, son équilibre se rompt, manquant de le faire chuter. « J’étais arrivé à…
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Un matin dans le métro parisien
7h42. Ligne 13 direction Saint-Denis, station Saint-Lazare. Le quai est bondé, je dois laisser passer trois rames avant d’enfin monter dans le métro. Une fois à l’intérieur du wagon, je joue collé-serré avec les quinze passagers agglutinés autour de la barre en métal. Il fait une chaleur infernale, les gens transpirent sous leurs manteaux d’hiver. Je suffoque. La climatisation n’existe pratiquement pas dans les souterrains de Paris… Les stations défilent mais le train ne désemplit pas. Je ne sais pas où poser mon regard. Surtout, éviter de croiser celui des autres. Ne pas sourire non plus (ça fait louche). Prier pour que ça passe vite et qu’il n’y ait pas…
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LA CULTURE DANS LA POCHE
Au cours de n’importe quelle conversation, même la plus banale, nous avons tous déjà vécu ce moment de flottement désagréable où l’on se rend compte que TOUT le monde parle d’une référence artistique qui nous échappe complétement. Pour ma part, je me jure intérieurement de rechercher immédiatement cet artiste, d’annuler ma prochaine session de Games of Thrones et d’aller dans un musée, ouvrir un livre, faire des recherches… M’instruire, Bon Sang ! Essayer de comprendre enfin, pourquoi Van Gogh s’était coupé l’oreille, ou encore, pourquoi il semble être de notoriété publique que Francisco de Goya était un génie. Si la perspective de vous perdre dans les rayons d’une bibliothèque, ou de…
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LES COCOTTES DE LA BELLE ÉPOQUE
Après la grande dépression de la fin des années 1880-90, le nouveau siècle ne pouvait être autre que sublime. L’air parisien est un concentré de cocottes, de folies, de fêtes, d’arts, de luxe presque ridicule… L’art de vivre est incarné par la capitale française qui apprête sa tenue, se recoiffe et bombe le torse pour la grande Exposition Universelle de 1900. Dans Gigi, Colette décrit avec merveille cette euphorie luxueuse qui devient presque hystérique : « Mme Alvarez eut un foie gras et six bouteilles de champagne, munificences sur lesquelles tonton Lachaille préleva sa part en s’invitant à diner. Gilberte, un peu grise, raconta pendant le repas les potins de son…






























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